• Lily

Le calme après la tempête

Il y a parfois des événements complètement inattendus qui se produisent et qui viennent changer notre vie d’une façon inespérée. Le ciel s’éclaircit, la tempête s’éloigne au loin. C’est en plein ce qui m’arrive depuis quelques semaines. J’ai passé tellement de temps à vivre dans la noirceur. À me dire qu’au fond, c’était ma nouvelle réalité, la déprime et le désespoir. Les émotions excessives, l’impulsivité et les conséquences qui viennent avec. C’était difficile de voir une fin heureuse à tout ça, peu importe comment je regardais ça. Je me disais que ma femme trouverait facilement mieux que moi. Qu’elle finirait bien par en avoir assez de vivre avec une personne qui ne trouve pas de joie dans sa vie.


J’avais des moments moins sombres, c’est certain. J’ai plusieurs personnes qui tiennent à moi, qui me rappelait combien on m’aimait. Étrangement, je me sentais indifférente à tout cet amour. Je n’avais pas d’amour envers moi-même. Oui, je devenais petit à petit une image qui se rapprochait de la femme que je voulais être. Mais en même temps, je ne voyais qu’une fausse copie, un monstre de foire. Je me disais constamment que personne ne voudrait vraiment de moi, parce que je n’étais qu’à mi-chemin entre deux. Que je ne serais jamais vraiment une femme.


Et c’est là que les choses viennent se corser. Je n’en ai jamais parlé avant parce que j’avais peur des émotions que ça pourrait éveiller. Vous, lecteurs, êtes les premiers à qui je m’ouvre sur le sujet. Ça doit sortir, ça ne peut plus rester enfoui en moi. J’ai frappé un bas fond très dangereux il y a quelques mois de cela. J’ai approché ma femme et je lui ai dit que je me sentais vraiment en détresse et je ne savais plus quoi faire. Que je ne me sentais pas en sécurité avec moi-même. C’est à ce moment qu’elle m’a offert d’appeler une ambulance et d’aller à l’hôpital me chercher de l’aide. J’ai rapidement acceptée. Ce que je n’ai jamais dit cependant, c’est qu’à ce moment-là, j’avais déjà toutes les étapes de ma fin de définies. Je savais comment je le ferais, je savais en détails ce qui se passerait. Je l’avais même imaginé dans ma tête. J’étais prête à le faire, à en finir une bonne fois pour toute. Et croyez-moi, trouver la volonté de demander de l’aide quand on est rendu là, c’est extrêmement difficile. Cette journée-là, j’y suis passée vraiment proche. Mais j’ai eu peur, j’étais terrifiée de mes pensées. Ça m’a poussée à faire ce bout de chemin.



Une fois rendue à l’hôpital, je me retrouve à l’urgence sous surveillance avec plein de gens dans des civières autour, dans des lits d’hôpital. On m’a bougée trois fois en une journée. Du personnel de soin en hazmat qui se promènent dans les couloirs, en direction de la zone rouge pour les patients atteints de la COVID-19. J’entends une personne coucher dans un lit près du miens parler à une infirmière comment elle avait tentée une overdose sur de l’acétaminophène pour arrêter d’avoir mal. L’infirmière, qui faisait la liaison avec le service psychiatrique de l’hôpital, lui expliqua que sa fille l’a retrouvée inconsciente près de son lit. J’ai eu un choc comme jamais. Je voulais voir ma femme et mes enfants. Je voulais être près d’eux et m’assurer que jamais ils n’auraient à me retrouver comme ça. Mon attitude changea du tout au tout. En ces quelques instants, j’avais perdu toute envie de mettre fin à mes jours. Le lendemain, j’étais sortie de l’hôpital et j’avais l’intention de tout faire pour m’en sortir.


Dans les semaines qui suivirent, j’ai contacté mon médecin et on a essayé une médication différente pour traiter ma dépression. Après le sevrage très difficile du précédent en croisé avec le nouveau, je me sens maintenant en pleine possession de mes moyens. La plupart de mes craintes se sont évaporées. Je trouves enfin du plaisir, du bonheur, à faire toutes sortes de choses. J’ai même rencontré une personne formidable, que je fréquente aujourd’hui. La noirceur, cette terrible tempête, s’éloigne. Le ciel s’éclaircit. Je suis enfin heureuse et comblée. Tous ces gens qui m’aiment, je ressens enfin leur amour. J’ai regagné confiance en moi et je me sens plus femme que jamais. Je suis heureuse de qui je suis, et je regarde l’avenir avec un sourire. Le bonheur total!


Comme quoi finalement, même la plus violente des tempêtes peut finir par passer.


Lily

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