• Marie-Kristine Hamel Zth. - La bête à outils

La zoothérapie au service de la santé mentale

On m’a longtemps fait croire que la maladie mentale était un mythe parce qu’on ne pouvait pas prouver son existence par une imagerie médicale. J’ai donc grandi avec cette idée que de tomber au combat était une faiblesse que seul les lâches pouvaient se permettre. Je me rappelle très clairement d’une fois en classe où j’ai levé la main pour dire que le burn-out n’existait pas et que ce n’était qu’une excuse pour les gens qui voulaient rester à la maison plutôt que d’aller travailler. J’espère que vous comprenez que cette idée ne venait pas de moi et que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. C’est pourtant une pensée qui circule encore aujourd’hui, en 2020, alors que les troubles de santé mentale figurent parmi les principales causes d’invalidité dans le monde.


Dans mon dernier article, j’ai partagé avec vous ma toute première expérience d'attaque de panique. Cette crise a été la première d'une longue série, chacune d'elle me laissant une impression de fin du monde. Pourtant, si je pouvais choisir d'effacer ces moments difficiles, je n'en ferais rien, car ils m'ont ouvert les yeux sur l'immense potentiel de l'animal dans l'apaisement de la souffrance.


Deux dépressions majeures plus tard, c'est avec beaucoup de fierté que je viens de lancer mon entreprise de zoothérapie afin de venir en aide à toutes ces personnes qui se débattent avec un trouble de santé mentale. Je constate que lentement, mais surement, la zoothérapie commence à prendre sa place au sein des thérapies alternatives. Pourtant, beaucoup de travail reste à faire. Je tâcherai donc de vous décrire au mieux cette thérapie et ses nombreux bienfaits.


Tout d'abord, je vous demande de repenser à vos années - lointaines ou pas - derrière les bancs d’école. Souvenez-vous d’un concept enseigné en classe que vous aviez de la difficulté à bien saisir. Ne comprenant pas la notion, que faisiez-vous? Vous leviez votre main ou vous alliez voir votre enseignant à la fin des cours afin qu’il vous ré-explique l’idée. Après une deuxième explication, si votre professeur voyait des points d’interrogations s’afficher dans vos yeux et qu’il était un tant soit peu compétent, il reprenait ses explications avec une méthode différente de la première. Il utilisait différentes stratégies afin de vous aider à atteindre votre objectif : comprendre le concept. La zoothérapie agit un peu sur le même principe, c'est-à-dire qu'elle utilise différentes méthodes afin de vous outiller pour faire face à vos difficultés.


En santé mentale, la thérapie est l'outil de prédilection afin d'aider l'individu à s'adapter à son trouble. Nombreuses sont les études réalisées dans le but de déterminer quelle thérapie est la plus efficace et pourquoi. Les opinions divergent bien évidemment, mais deux points sont communs à toutes les études :

1. La réussite de la thérapie dépendrait, d'abord et avant tout, de la motivation et de l'engagement du sujet.

2. L'alliance thérapeutique qui s'établit entre le thérapeute et son client serait déterminante dans l'atteinte des objectifs et cela peu importe l'approche utilisée.


Dans cet ordre d'idée, la zoothérapie, aussi appelée thérapie assistée par l'animal, est une thérapie qui s'appuie sur le lien de confiance qui se crée au sein de la triade client-thérapeute-animal. Dans l'établissement de cette précieuse alliance, l'animal joue un rôle clé : il agit comme facilitateur de relation. En effet, il a été démontré que le contact avec l'animal fait physiologiquement diminuer la fréquence cardiaque, la pression sanguine et la fréquence respiratoire. En plus d'avoir des effets notables sur le corps, il a de nombreux effets sur le psychisme humain : il apaise, rassure, détend, améliore la motivation et favorise la concentration. L'animal est toujours à l'écoute, il ne porte pas de jugement, ne critique pas, ne coupe pas la parole... Bref, il est le confident idéal.


Autre fait intéressant, la zoothérapie se veut être une approche plus ludique que la coutume des thérapies. On s'éloigne carrément du cliché du patient allongé sur le divan et on se tourne vers le jeu pour faciliter les apprentissages. Jouer pour apprendre? Oui, tout à fait! Le jeu a un effet indéniable sur l'engagement, la motivation ainsi que l'expérience d'apprentissage. Le but? Rendre l'effort plaisant.


Vous êtes intrigués et aimeriez en savoir plus? Dans un prochain article, j'aborderai la première rencontre en zoothérapie ainsi que l'élaboration du plan d'intervention.


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