• Victor

La violence conjugale au masculin



Dans la très grande majorité du temps, la violence conjugale se traduit principalement d’un homme à l’endroit d’une femme. Néanmoins, le sexe masculin demeure aussi sujet à subir des formes de violence de la part de sa partenaire. Bien que tabou dans les deux cas, la chose l’est certes plus en ce qui a trait à celle subie par l’homme.


Une violence plus subtile

Oui, les hommes peuvent subir des formes d’abus physiques et psychologiques. Au-delà des coups portés, il y a les cris, les mots, la haine. Il y a la manipulation, le chantage, l’abus de confiance.


Comment peut-on donc définir et mettre en mots la violence psychologique chez l’homme?


On peut parler de violence verbale, le fait de constamment subir les foudres de sa partenaire. L’homme peut être involontairement (ou non) considéré par autrui comme un défoulatoire pour évacuer et ventiler la colère, et ce, pour un tout ou pour un rien. L’ensemble de l'œuvre, en parlant avec hargne et agressivité dans le ton de voix. Dans le quotidien, les insatisfactions peuvent être reliées au travail, à la famille et encore à toute forme de peine accumulée. Du genre, sitôt rentré à la maison, un moment est voué à cracher le venin de la journée. De manière plus générale, de non-réalisation personnelle et professionnelle et déception de vie. Cela peut être exprimé aussi tôt qu’en se réveillant, avant de se coucher, en partageant le repas, etc.


La violence conjugale et psychologique peut aussi être définie par des impulsions spontanées de colère. Des regards «remplis de couteaux». En un éclair de temps, se faire crier après sans trop savoir d'où cette colère provient, ni ce qui l’a déclenchée. Elle peut aussi bien être due à un événement du passé.


On peut placer l’homme en position de faiblesse et ainsi profiter de sa situation de vulnérabilité alors qu’il n’est pas en lieu, ni en pouvoir de s’exprimer librement. Le menacer. Ne pas l’écouter ou, de l’autre côté, le discriminer dans son propos. Le dévaluer dans sa dignité. Le diminuer dans ses valeurs et ses intérêts. Miner sa confiance. L’ignorer, ne pas lui porter attention. Encore, l’empêcher de sortir avec ses amis, de participer à des événements ou d’un autre spectre, exiger d’être présent afin de le surveiller.


Une forme de violence est de le forcer à prendre position contre son désir. Lui reprocher des choses qu’il n’a pas faites ou encore qu’il ne fait pas assez. Beaucoup de reproches, même. Du genre, c’est de ta faute si, c’est à cause de toi si...


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La violence peut aussi être liée au téléphone intelligent. Que ce soit en surveillant ses réseaux sociaux et en analysant le contenu qu’il regarde, qu’il aime et qu’il suit. On peut tout aussi bien analyser qui aime ses publications. Regarder les photos et les profils de ses ex. Le texter constamment pour savoir ce qu’il fait et avec qui il est. Exiger de consulter son téléphone, ses historiques.


C’est peut-être une question d’attente envers son partenaire. Les attentes à l’endroit de l’homme sont si élevées que cela n’entraînera que déception, ce qui se traduira par de la colère. Car c’est de là que provient la colère, justement. C’est une question d’attente, au cas où je vous l’apprenne ici.


Des hommes qui souffrent


Il ne faut pas oublier que ce sont les individus qui forment les couples. Avant d’être un chum, un conjoint, un fiancé, un mari, l’individu demeure une identité singulière. Le tout avec un bagage de vie. On parle ici d’un passé, d’un passé conjugal aussi. Des tristesses et des réjouissances. Des bons coups et des échecs.


Bref, l’homme traîne avec lui des blessures de vie. On s’attend à beaucoup de lui. Est-ce moi ou l’on entend de plus en plus les gars dire qu’ils sont fatigués, qu’ils en ont beaucoup sur leurs épaules?