• Lily

La surcharge d'émotions

Mis à jour : juil. 22

J’avais, au début de ma thérapie hormonale féminisante, arrêter le bloqueur de testostérone. Une discussion avec mon médecin nous faisait penser que celui-ci pour avoir causer un débalancement hormonal qui m’a plongée dans une dépression. J’ai ensuite commencé à prendre des antidépresseurs. Jusqu’à ce qu’on augmente la dose au maximum. À ce moment-là, j’étais en arrêt maladie. On parle de Juillet dernier, ça ne fait pas si longtemps quand même.


Les choses dans ma vie se sont améliorées. J’ai reconnecté avec moi-même. L’attitude de mon fils devenait plus gérable. Mais j’avais quand même les émotions à fleur de peau. J’ai mis la faute sur les hormones et j’ai laissé aller les choses au quotidien. Maison, boulot, dodo. La routine continuait, mais je me sentais vide. Je me disais que passer le temps m’aiderait, que c’était surement juste de l’ennui qui me faisait trop réfléchir.


Après un moment, même mes somnifères (anti-anxiolytiques en fait) ne me permettaient plus de me calmer pour dormir. Ma tête roulait à cent milles à l’heure. Est-ce que j’ai oublié une tâche au travail? Est-ce que j’ai oublié de sortir de la viande pour le souper du lendemain? Est-ce que mon fils va faire une autre crise demain soir? Parce que petit coco et son trouble de l’opposition, ça me frappe très fort.


Mon coco. Je l’aime tellement d’amour fort et inconditionnel. Mais je vous mentirais si je disais que je n’ai pas de la difficulté à gérer ses crises de colères. Je me retrouve avec des bleus et un amour propre qui saigne de douleur, me demandant ce que j’ai fait de mal pour en arriver là. Mais ensuite, je me dis que ce n’est pas tant volontaire, que ce n’est pas sa faute. Lorsqu’il est en crise, la seule chose qui fait du sens pour lui c’est la colère et rien d’autre.


Depuis environ 2 mois, mon médecin m’a remise sur les bloqueurs de testostérone. Et moi, j’oublie souvent de les prendre. Il se passe parfois 2 jours avant que je me rappelle de les prendre. Ça joue donc beaucoup sur ma capacité à gérer mes émotions. Mon taux de testostérone qui monte, descend, remonte, redescend. Ça me rend très sensible, et je déprime beaucoup.


Et puis ensuite, le travail. Dernièrement, chaque journée apporte son changement de procédure, les attentes envers mon travail changent, elles aussi. Et je me retrouve à me faire réprimander pour ne pas avoir fait quelque chose qu’on ne m’a jamais informé que je devais faire. Ma concentration est inexistante, je suis distraite et maladroite par-dessus le tout. Je tente du mieux que je peux de mettre de l’ordre dans la quantité énorme de tâches qu’on me donne, de les prioriser. J’ai beaucoup de difficulté. J’ai très hâte de voir mon médecin la semaine prochaine. Je n’ai jamais daigné me faire tester pour le Trouble de déficit d’attention (TDA), mais il est grand temps que je le fasse, car ça impacte toutes les sphères de ma vie en ce moment.


Je n’aime pas mon travail. Vous me direz « Mais Lily, cherche autre chose, change d’emploi ». Vous avez totalement raison. Mais il y a quelques problèmes en ce moment qui m’empêchent de le faire. Financièrement parlant, c’est difficile de trouver ailleurs qui voudra me prendre au même salaire ou similaire, si je devais rester dans le même métier. Et en changeant de métier, pour faire quelque chose que j’aime vraiment, je prendrais une énorme chute salariale. Alors ça nécessite énormément de réflexions avant de faire un choix. Comme si j’en avais pas déjà assez, de sources de stress et d’anxiété!


Je suis tellement confuse dans mes émotions, tout le temps. À un point qu’à un moment, plutôt que d’être capable d’analyser celles-ci, je fais juste fondre en pleurs. Parce que maintenant, je ne suis plus capable de garder tout ça en dedans. Les hormones se sont assurées de ça. J’ai tellement de doutes auxquels je ne sais jamais si j’aurai vraiment la réponse. Heureusement, j’ai ma psychothérapeute qui m’aide à faire le ménage dans tout ça. Mais je suis épuisée, physiquement, mentalement et émotionnellement. Je suis dépassée par le tout. Et par-dessus tout, je me sens insignifiante, inintéressante et seule (oui, je suis très bien entourée, mais la solitude frappe inexplicablement).


Parce que oui, les émotions, ça peut être trop par moment. Et c’est normal de se sentir dépassé. J’ai souvent cette pensée de juste rester couchée dans mon lit, sous les couvertures. Je me sens en sécurité là. Je sens que rien ne peut m’atteindre. C’est ridicule, parce que ce n’est que du tissu rembourré au fond et rien de plus. Mais dans ma tête, c’est rassurant comme endroit. Et en dormant, je n’ai pas à faire face à quoi que ce soit qui me fait du mal. Mais ce ne serait pas vraiment une vie, n’est-ce pas? Alors je fonce et me lève. Dernièrement je me suis lancée dans quelques projets et ça m’aide à m’occuper, à avoir un but parmi tout ça. Et je suis fière de ce que j’ai accompli jusqu’à maintenant. J’ai réussi à me trouver des collaborateurs aussi motivés que moi.

Je pousse de l’avant, parce que je sais que rester dans la noirceur ne viendra pas régler mes problèmes. Parce que je ne veux pas être un fardeau pour ma belle petite famille. Mais c’est une autre pression sur mes épaules qui pèse lourd.


Allez hop, on se botte les fesses ?!


Lily

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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