• Andréa Maheux

La santé mentale des LGBTQ2S+



LGBTQ2S+ est un acronyme qui signifie Lesbiennes, Gais, Bisexuels, Transgenres, en Questionnement Bispirituel. Pour ne pas avoir à écrire toutes les lettres, certains s'en tiennent au + pour signifier toutes les autres personnes (Asexuelles, alliées, pansexuelle, queer, etc). Pour plus d"informations, visiter le site Web de Jeunesse, J'écoute. 

Selon l'organisme Homewood Health, la discrimination et l'intolérance font que les membres de la communauté LGBTQ2S + connaissent le plus haut taux de dépression, d'anxiété, de toxicomanie et d'autres troubles de santé mentale au Canada. Ils sont en effet plus sujet à être isolés socialement, à être harcelés ou intimidés. Plusieurs se retrouvent face à eux-mêmes lorsque leur famille et leurs amis leur tournent le dos. Ils sont aussi deux fois plus à risque de subir de la violence et de la négligence. Enfin, ils sont 5 fois plus susceptibles d'envisager le suicide.


Qui ne serait pas stressé à faire partie d'une minorité contreversée ?


Certes, on ne parle pas assez de la santé mentale de cette communauté.


Étant bisexuelle, je suis d'accord avec ses faits. On est moins accepté et constamment confronté à des préjugés, stéréotypes et jugements. On a sans cesse besoin de se justifier, de s'expliquer.


Mais pourquoi ?


Que je sois une femme qui aime les femmes, que je sois une femme qui aime les hommes, que je sois une personne non-binaire, qu'est-ce que ça change ?


Ce que la société nous a inculqué.

Certaines personnes ne mesurent pas la gravité de leurs gestes et de leurs paroles. Quand je dis à quelqu’un que je suis bisexuelle, il y a toujours cette surprise ou ce fameux « ah ouin ? ». Depuis quelques temps, nous vivons dans une société où l'hétéronormativité a pris le dessus, mais ce n'est pas une excuse pour s'empêcher d'évoluer !

Les gens se disent ouverts, mais il y a toujours un « mais... ».

J’ai été confronté à plusieurs questions maladroites et je suis loin d’être la seule. Le pire que j’ai entendu était « T’es tu une VRAIE bi ? » comme s’il y avait des « fausses personnes bisexuelles ». Bien évidemment, certaines personnes sont seulement curieuses et veulent faire des expériences, aller voir ailleurs. Cela fait partie de l’adolescence et/ou du processus de découverte de soi. Or, il y en a qui s’identifient réellement autre qu’hétérosexuelle et c’est juste normal.


La diversité, c’est beau. C’est comme lorsqu’on va à l’épicerie. Il y a une panoplie de sortes de fruits colorés et on en préfère certains à d’autres. Mais si on prend juste des oranges ou trop souvent des pommes, on va finir par se tanner.

Pourquoi toujours être comme « tout le monde » lorsqu’on peut sortir du cadre et être ce qu’on est au fond de nous ?

Parmi les questions les plus maladroites et déplacées qui m’ont été posées, il y a eu « Tu préfères les pénis ou les vagins ? ». Mettons une chose au clair : NON, je n’ai pas de préférence et la vérité est que je n’aime NI les vagins, NI les pénis. Je suis désolée si tu trouves cela étrange ou peu commun, mais je ne me cacherai jamais pour m’affirmer comme je suis. De plus, certaines personnes bisexuelles ont réellement des préférences, mais ça leur appartient. Il n'y a rien de plus personnel comme question. C’est comme si je venais de te rencontrer et je te demandais « Ah, t’aimes-tu le pénis de ton chum ? ». Ça n’a pas de sens