• Jade G.

La peur des hommes après un trauma

J’ai le souffle court, les pensées qui arrivent en vitesse dans ma tête et mon petit cœur me dit de marcher vite, même de courir ou bien de changer de trottoir.


Les hommes… pas tous, mais la plupart me font paniquer, me font trembler et me font oublier où je suis et qui je suis. Ils ne sont pas tous méchants, je sais. Ce serait évidemment de généraliser que de dire que les hommes font peur. Mais en ce qui me concerne et en ce qui concerne, je suis certaine, plusieurs autres femmes, les hommes nous font peur à certains niveaux. J’imagine que c’est normal après avoir vécu un abus de pouvoir ou, par exemple, de la violence et du harcèlement. Ils me regardent. Leurs regards et leurs sourires en coin me font douter, me font peur.


Je m’en rappelle comme si c’était hier. Un gars mi-vingtaine s’arrête au milieu de la rue et me crie : « Hey beauté, embarque avec moi! Je t’amène où tu veux! Viens, t’es vraiment belle! » À première vue, rien à dire. Il avait l’air tout à fait normal. J'étais d'un côté de la rue, lui de l'autre. J’ai levé la tête, puis je lui ai dit poliment : « Non merci, je vais attendre l’autobus ».

Furieux, il se met en marche, il fait un « U Turn », il accélère et se dirige directement sur moi sans s’arrêter. Il a fallu que je me déplace pour ne pas qu’il me roule sur le corps. J’ai eu peur évidemment. Il a continué à parler, il insistait, il était agressif. J’ai arrêté de le regarder et il s’est remis en marche. Il est retourné au milieu de la rue, il s'est stationné encore. Le gars est sorti de sa voiture et il a commencé à courir vers les autres voitures. J’ai entendu un dernier « fuck you bitch! » puis il est parti…

Puis, un autre jour, je travaillais à l’aréna et un monsieur d'une soixantaine d'années qui y travaille aussi et que je vois régulièrement est arrivé. Un monsieur super gentil, aucun problème avec lui! Il m’a vue et s’est avancé. J’ai dit « Bonjour! Ça va bien? » comme d’habitude. Il m’a regardée, n’a rien dit, puis m’a prise par la taille, en me tenant fort, son bras passait dans mon dos et sa main était rendue sur mon ventre. En même temps qu’il me prenait de cette façon, il a approché son visage et me regardait tout sourire, les lèvres trop proches des miennes. Est-ce qu’il voulait m’embrasser? Ou seulement me donner deux becs? J’ai attendu qu’il recule. J’étais super mal à l’aise. Après coup, je sais que j'aurais pu le repousser, mais j'ai figé.

La faute, à la base, revient à cet homme qui m’a crié une «pick-up line» et qui a insisté quand j’ai exprimé mon refus poliment et à cet employé de l’aréna où je travaille. Ce n’est en rien dû à mes vêtements ou au sourire offert en guise de politesse. Je ne peux pas savoir si vous êtes «cool» ou non, attentionnés ou non, respectueux ou non. Je ne peux pas savoir si le refus sera bien accepté ou violemment rejeté.


Chaque personne réagit différemment à ce genre de situation. Juger n'est pas le bon moyen pour rassurer une personne. Ce n'est pas parce que je n'ai pas été violée que mes émotions face à ce que j'ai vécu ne sont pas valides. Que tu figes, que tu sois habillée de tes plus beaux habits ou que tu souris par respect, c'est à l'homme de s'éduquer.

-Jade G.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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