• unetempetealafois

La performance ... même dans la maladie!

Mis à jour : mars 21

Quand j’écoute les vedettes parler de santé mentale dans les talk-shows, je tique parfois. Je me demande si l’on n’est pas en train de dire à ceux qui vivent avec une maladie mentale qu’il y a les bons malades mentaux... et ceux qui devraient mettre plus d’efforts à guérir. « Regarde Chose-Bine à la télé, elle a telle maladie, puis elle pète le feu, elle. »


La résilience ne se commande pas. Le temps de guérison dépend de multiples facteurs. Il est même possible de changer le mot guérison par « ça se tough, mais je vais être pogné avec cette schnoutte-là toute ma vie ».


Un peu comme un cancer en rémission, le mal peut être endormi et refaire surface par moments. Ce n’est pas de la faiblesse, mais des connexions hasardeuses dans les neurones, des patterns, pis tellement d’autres affaires compliquées que tu ne devrais pas avoir à justifier à qui que ce soit.


À la télé, on nous montre des modèles qui semblent «filer» le parfait bonheur, avoir des carrières incroyables et une belle qualité de vie. On ne verra jamais ces mêmes personnes lorsqu’elles sont clouées au lit, en train de saliver excessivement à cause d’un nouveau médicament ou en larmes, au téléphone, avec le service de crise. Il a bien fallu qu’elles subissent l’humiliation de la jaquette mal fermée à un moment ou l’autre du processus, non? C’est une blague, je suis au courant que chaque personne passe par des voies différentes pour se faire traiter.



Voir une personne qui s’en sort à merveille donne de l’espoir. Mais il ne faudrait pas oublier les étapes ingrates par lesquelles cette personne est passée. Peut-être que beaucoup d’entre nous n’ont pas le temps ou l’argent pour s’offrir une thérapie de longue durée. Et que notre entourage défaillant ou restreint est incapable d’entendre nos insécurités. Ou encore que les effets secondaires des médicaments sont si envahissants que nous allons faire le choix (discutable) de les arrêter.


Les soi-disant modèles ne s’afficheront pas dans le journal à potins lors de leurs rechutes. Pourtant, on pourrait en apprendre beaucoup à l’aide des erreurs des autres, pas seulement de leur côté reluisant. L’art de se relever est noble, alors pourquoi montrer seulement ceux qui sont debout?


Les «winners» à l’écran, on peut s’en inspirer tout en gardant un esprit critique. En prenant le réalisme comme allié, on tient compte de nos forces, nos faiblesses, des outils qui fonctionnent pour nous et de notre rythme propre à les intégrer. Faisons tout ce que nous pouvons pour mieux aller, mais ne comparons pas nos résultats à ceux des autres.


Les petits pas comptent. D’ailleurs, ce qui est petit pour ton voisin est peut-être un pas de géant pour toi. Comme on disait dans mon groupe de gestion d’anxiété : « Fais ton possible, humain. » C’est correct de redescendre, de remonter, de changer de direction et de suivre une route plus adaptée à ta situation. Ne te compare jamais qu’à toi-même et encore! Sois doux/douce selon ton contexte actuel et apprécie le chemin parcouru.


Anonyme.

131 vues1 commentaire

Posts récents

Voir tout