• Madame L

La nuit fatale

Mis à jour : sept. 5

Un samedi soir de tempête hivernale, une semaine avant Noël précisément, ma cohorte avait organisé une collecte de fonds dans un bar de Montréal. L'argent amassé servirait a financé une partie de notre bal de finissants en Techniques Policières. Une grande étape était sur le point d'être terminée. Wow!


Les routes étaient dangereuses et glissantes, ma soirée au travail n'avait pas été de tout repos et, personnellement, sortir n'était pas mon «truc». Toutes ces conditions réunies m'ont poussé à ne pas y aller.


Mon collègue de travail, à qui j'avais mentionné que mes plans de mon samedi soir étaient tombé à l'eau, m'avait alors proposé d'aller au bar d'à côté prendre un verre. Il a ajouté qu'un de ses amis viendrait le rejoindre et cela lui ferait plaisir de me rencontrer.


Je lui dis que je ne resterais pas longtemps, car j'étais fatiguée et le métro fermait à 1h30. Je ne pouvais pas rater le dernier train! Un petit cocktail gratuit, ça me ferait pas de mal, non?


Finalement, rien ne s'est passé comme prévu.


Les deux garçons (je n'écrirai jamais «homme», car des vrais hommes, ça respecte autrui.) m'ont fait boire de l'alcool dans une ruelle en direction du bar. Puis, nous avons bifurqué vers l'auto de mon collègue sous prétexte qu'il était rendu trop tard pour aller au bar. À ce moment, j'étais clairement réchauffée on va dire.


Je n'avais aucune idée de l'endroit où nous allions. Je ne me doutais pas non plus de la suite...


Saoule, je suis arrivée dans l'appartement de l'ami de mon collègue. Ce dernier continuait de consommer de l'alcool dans son coin. J'étais mal à l'aise assise sur le sofa ne sachant pas quoi faire. La boisson accentuait énormément mon état de fatigue.


Les gestes déplacés du dit ami de mon collègue ont commencé. Il voulait m'embrasser, pas moi. Je le repoussais. Il s'est mis à devenir possessif, me tenir la main sans arrêt et me garder collé à lui. J'avais beau me séparé de lui, m'asseoir ailleurs, il était comme un pot de colle.


À ce moment, j'ai senti quelque chose en moi me pousser a texté mon amie «Je ne sais pas où je suis, mais si je meurs, dit à la police que (mon collègue) sait où je suis.» «Qu'est-ce qu'il se passe? T'es où? Texte-moi toutes les heures pour me dire que tu vas bien.» Je n'ai jamais réécris à mon amie. Il m'a enlevé mon cellulaire des mains soit disant, car je n'étais pas assez concentrée sur lui.


Il a commencé à me toucher, j'étais pétrifiée. J'avais beau démontré physiquement que je n'étais pas intéressée, il continuait. J'espérais tellement que mon collègue intervienne et lui dise d'arrêter. Voyant ce qu'il se passait, il a décidé de quitter pour nous laisser seuls.


J'avais perdu la notion du temps, j'étais morte de fatigue, la tête me tournait, j'ignorais où j'étais.


Il m'a lancé sur le lit et s'est jeté sur moi. Je n'avais plus aucune force, j'étais morte et il faisait tout et n'importe quoi avec mon corps. Les supplices ont duré environ sept longues heures sans arrêt. C'était ma première relation sexuelle... L'Enfer.


On pense tous que ça n'arrive qu'aux autres. Malheureusement, personne n'est à l'abri... Pour moi, l'impensable c'était bel et bien produit une semaine avant Noël. Inutile de préciser qu'après de tels sévices, je n'étais plus moi-même. Il m'a tué, il a volé mon corps. J'étais une coquille vide, détruite et ne ressentant plus rien.


C'était mon deuxième choc post-traumatique en moins de six mois. La période la plus sombre de ma jeune vie commençait...


Ligne de ressource provinciale pour les victimes d'agression sexuelle 24/7: 1-888-933-9007


Madame L.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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