• labontestephanie

La fin d'un suivi psychologique: Un deuil difficile


La relation aidant-aidé est une relation précieuse, qui prend du temps à construire. Cela a un impact primordial sur la réussite des objectifs du suivi. Que se passe-t-il, lorsque le suivi se termine, alors que nous en ressentions encore le besoin ?


D'emblée, lorsque nous ressentons le besoins ou avons une référence afin de consulter un professionnel, cela peut être un tâche ardue : trouver le professionnel, liste d'attente, se voir assigner un professionnel par son Programme d'Aide aux Employés, etc. Le bon match ne se fait pas automatiquement. Avec de la chance, cela fonctionnera du premier coup. Toutefois, cela peut nécessiter d'en rencontrer plusieurs avant de trouver quelqu'un qui nous convient (approche, attitude, champ d'expertise, etc.).


Lorsque nous trouvons finalement l'aidant qui nous convient, vient le moment de développer un lien de confiance, de s'ouvrir peu à peu … Cela peut être plus ou moins long, dépendamment de plusieurs facteurs. Lorsque j'ai rencontré ma psy pour la première fois, j'ai été chanceuse, ce fût concluant et malgré cela, il m'a pris plusieurs rencontres (beaucoup) avant de commencer à me confier. Ce n'est pas parce que je suis une professionnelle en santé mentale que c'est plus facile de m'ouvrir pour autant. Une fois le lien de confiance établit, en respectant mon rythme, elle m'a accompagnée tout au long de mon voyage intérieur et cela dura un an et demi.


Puis, un jour, le suivi cessa. Bien que j'avais atteint la plupart de mes objectifs, ce fût un deuil. Pour bien des motifs, un suivi peut se terminer abruptement (maladie, retraite, changement d'emploi, etc.) et c'était mon cas. Le deuil que j'ai eu à faire était celui de savoir qu'elle ne serait plus là. Elle prenait sa retraite. Je n'avais donc plus la possibilité de la recontacter au besoin. Je l'ai su alors qu'il restait environ 1 mois avant son départ (peut-être m'avait-elle donner l'information plus tôt et que j'avais oublié ? Elle croyait m'avoir informée). Un CHOC. Je me rappellerai toujours ce jour-là. J'ai tellement pleurer en voiture en retournant à la maison.


En même temps, je sais que cela peut paraître étrange, mais qu'est-ce qui m'a mise dans cet état vis-à-vis de ma psy? Plusieurs facteurs en fait. La relation de confiance était très présente et cela était un deuil à faire : possiblement que je n'aurais pas réagi de cette façon si j'avais su que j'aurais la possibilité de la recontacter au besoin. Son bureau était devenu d'une certaine façon, mon lieu sécuritaire: j'avais l'impression qu'elle partait avec, en quelque sorte, une partie de ma vie, de mes secrets. Aussi, il y a avait la peur de recommencer à zéro avec un autre professionnel, etc.


Il est beaucoup plus fréquent que ce que l'on croit, d'avoir ce type de lien avec le professionnel qui est à notre écoute. Lorsque c'est la fin et qu'il n'y a plus de retour possible, il s'agit d'un deuil à faire et cela prend du temps. Parfois, encore aujourd'hui, il me surprend de repenser à certaines de nos conversations, etc., cela me manque. Fort possiblement, parce que c'était la première fois que j'arrivais à me confier à quelqu'un.


Sur un note plus positive, toutefois, j'ai trouvé une autre professionnelle en qui j'ai une totale confiance !


Avez-vous déjà vécu ce type de deuil ?


Stéphanie



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