• Victor

La détresse au masculin

Il n’y a pas tant longtemps, le Québec en entier a été frappé par une histoire d’horreur. Un drame familial s’est produit, ce qui a eu pour triste résultat le décès de deux magnifiques jeunes filles pour lesquelles la vie était remplie d’espoir. C’est terrible, aucun mot n’est assez puissant pour décrire la chose.


Dans cette même histoire, un homme est mort aussi, soit celui derrière toute cette saga. Il se serait suicidé. Les humains souffrent beaucoup parfois et j’ose croire qu’il faut énormément souffrir dans la vie pour commettre de tels actes.


D’homme à homme, messieurs, je vous en supplie, il faut que les choses changent. Il faut être acteur de changement dans nos vies. Il faut s’entraider. Il faut briser la solitude, contrer l’isolement et arrêter de souffrir psychologiquement.


Des hommes en peine

C’est tough, pour vrai, pour un homme de se montrer moindrement vulnérable dans ce monde. S’avouer que ça ne va pas et que, malgré le temps qui passe, la souffrance, elle, ne passe pas. Le reconnaître est difficile, alors imaginez l’étape de le verbaliser et celle de demander de l’aide.


Je ne sais pas si je vous l’apprends les boys, mais ça ne suffit pas que d’aller tondre la pelouse, laver son véhicule ou bien regarder un match sportif à la télé, bière à la main. Cela change les idées pour un court laps de temps, mais le mal, lui, reste présent.


On est en quelque sorte conditionné dès notre jeune âge à être fort, à ne pas pleurer, à toujours être à la hauteur de la situation. Notre père, c’est le plus fort et on sera comme lui lorsque ce sera à notre tour d’être papa. Oui, la société évolue, c’est beaucoup mieux qu’avant, or il y a du chemin à faire encore.


Je le dis tout le temps, c’est être fort en criss accepter que l’on ne va pas bien et c’est encore plus fort avoir le courage de demander de l’aide. Il faut se rentrer dans la tête que ce n’est pas un signe de faiblesse, mais bien un acte de courage. J’ai énormément d’estime pour ces hommes.


Moi-même étant borderline, j’ai trop souvent accumulé dans la vie. Je ne savais pas comment gérer toutes mes émotions, on ne me l’avait jamais appris. C’était même contre-indiqué que de vivre toute cette gamme d’émotions. Je me refermais, je pétais des coches.


Un moment donné, par la force des choses, je me suis mis à consulter. Je considère que c’est le plus beau cadeau que l’on peut se faire dans la vie. Lors des séances, je suis dans une bulle de sécurité, je ventile, je pleure, je sacre, je ris...je vide mon réservoir de frustration, de colère et de peine.


Je sais que c’est dur, les gars, tout ça. Je ne suis pas meilleur qu’un autre. Peu de personnes savent pour ma condition mentale et j’écris même sous un pseudonyme. Sur la pléiade de rédacteurs pour ce blogue, nous ne sommes que deux hommes et, sans en avoir la certitude, je pense que la clientèle de Une tempête à la fois est plus féminine. Mais bon, il faut un commencement et je vous tends la main messieurs. Tendre la main, c’est tendre le cœur à ce que l’on dit...


C’est nouveau pour la société de reconnaître la maladie mentale comme enjeu. L’accepter, c’est différent. Il n’y a pas de radiographies, de marques corporelles ou de coupures pour “prouver” la chose. À nous de briser les barrières.


On a le droit de pleurer, on a le droit d’être ému, on a le droit de prendre un autre homme dans nos bras parce que ça ne va pas. On a le droit de s’aimer. Il faut en parler, il faut éviter des gestes de désespoir. Il faut éviter les meurtres, les suicides, la violence. Surtout, messieurs, il faut vivre heureux, pour soi et son entourage.


Victor.

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