• Julie

La dépression

Mis à jour : juil. 1

"Maladie mentale qui se caractérise par une perte de plaisir et une humeur triste soutenue pendant plusieurs semaines. De plus, la personne souffrira de problèmes de sommeil, de changement au niveau de son appétit, de perte de concentration, d’énergie, d’intérêt ou de motivation. Les pensées sont négatives avec une pauvre estime de soi, une culpabilité démesurée, une tendance à voir tout en noir, un pessimisme et un manque d’espoir pour l’avenir. Ceci mène parfois à des idées suicidaires."(*)


La première fois où j'ai fait face à une forme de dépression j'avais 16 ans. Mon cercle d'amis était malsain, mes parents s'étaient séparés, je vivais de façon plus rapproché et accentué l'alcoolisme de mon père. J'ai tenté de mettre fin à ma vie. Quand, le jour suivant je me suis réveillée, ma perspective sur la vie a complètement changée.

La seconde fois, à 25 ans, j'ai fait un burnout. Tellement dépassée par les choses que pleurer tous les jours durant le trajet de 30 minutes pour me rendre au travail me semblait presque normal. Jusqu'au jour où, durant un souper avec une amie, je raconte comment je me sens, comme on parle d'un rhume. Elle me répond tout bonnement : "Ça ressemble pas mal à un burnout". C'était le morceau de casse-tête qui manquait. C'était comme une claque au visage; moi j'ai ça? pourquoi je n’ai pas pensé à ça avant? je n'aurais pas dû me rendre là.

À ce moment, mon conjoint et moi sommes ensemble depuis 9 ans. Quand je lui explique que je dois arrêter de travailler, prendre un congé de ce qui me rend malade, il ne comprend pas. Il insiste que financièrement, nous ne pouvons nous permettre cette perte de revenus. Je prends le taureau par les cornes, me trouve un autre emploi et prend 2 semaines de congé. Je me rétabli peu à peu puisque mon environnement de travail n'est plus le même.

J'ai tant pleuré durant cette période que j'ai senti que j'avais été faible. J'ai passé plusieurs années sans verser une larme, "j'ai assez pleuré". Aujourd'hui encore, pleurer est une épreuve pénible pour moi.


Quelques années plus tard, les rôles se sont inversés. Mon conjoint est celui qui a eu besoin d'aide, il a eu besoin d'arrêter. J'ai dû mettre mon ego de côté, sa santé mentale était plus importante. Notre couple était plus important qu'une revanche.

À l'âge de 30 ans, mon père décède. Cette fois, j'avais besoin de support, j'avais besoin de m'arrêter, j'y tenais. Assise dans la salle d'attente de mon médecin, je me répète ce que je veux lui dire. On appelle mon nom. "Comment allez-vous Mme?". Je n'ai dit mot, durant plusieurs minutes. Je n'ai que sangloté.


Dormir sans cesse, une nuit de 10 -12 heures, faire une à deux sieste qui dure parfois 2 heures. Être incapable de rester concentré plus d'une heure sur la même chose. N'avoir de force pour quoi que ce soit. Avoir envie de rien, ni manger, ni boire, ni sortir, ni parler. Désarmée devant la prise de décision. L'apathie. Les émotions en montagnes russes...

À chaque jour, à chaque heure, mon conjoint a été d'un support incroyable. Dévouant son temps, sa patience, me mettant en priorité. Ces événements traversés, notre relation en ressortie améliorée. Peu importe ce qui arriverait, nous serions là, l'un pour l'autre, à s'épauler.

J'ai consulté une psychologue, j'ai pris des antidépresseurs. Le travail que j'ai fait sur moi m'a grandement aidé pour la suite, mais sans l'appui de mon conjoint, le décès de ma sœur aurait été insupportable à franchir.

Il s'agit d'un conseil que je répète sans cesse : laissez-vous aider. Si vous avez quelqu'un à vos côtés sur qui vous pouvez vous appuyer, faites-le, vous en aurez besoin. "Demander de l'aide ne signifie pas que vous êtes faible, mais seulement que vous souhaitez rester fort." (Franck Nicolas)


Julie.


* L’Association des médecins psychiatres du Québec

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