• Karine Forgues

L'hôpital psychiatrique - partie 3

Ils étaient quatre


Alors que j’avais réussi, à l’aide de mes amis, à diminuer mes maux, une dame est venue me chercher pour une rencontre avec le psychiatre de garde. L’anxiété remonta d’une flèche. J’avais l’impression d’être dans une montagne russe à la ronde et de savoir que j’allais redescendre dans les quelques secondes avec une telle rapidité à en avoir mal au coeur. Je me lève en prenant soin de placer ma jaquette pour pas que mes amis ne voient mes fesses et ainsi éviter un fou rire de leur part. À bien y penser, ça aurait peut-être détendu l’atmosphère si lourde qui y sombrait. J'enroule en plus une couverture autour de moi pour suivre la dame, dans le but qu'aucune personne un peu vicieuse ne puisse admirer mes foufounes qui se trémoussent d’un bord et de l’autre tout au long du couloir. Finalement arrivée au bureau du psychiatre, j’entre aussi timidement qu’une souris dans une meute de chats. Ils étaient quatre…


Quatre personnes, tous avec un crayon et un calepin, assis droit devant moi. Ce n’est pas sérieux! J’avais l’impression d’être aux auditions de "la Voix", sauf que là, j’étais apparemment déjà choisie puisque tous étaient retournés vers moi. De ma petite chaise sur laquelle j'étais assise, on pouvait voir que je tremblais de partout tellement le stress était présent. Après seulement quelques questions et quelques coups de crayons, on me proposa un séjour dans un "tout inclus" pour l’hôpital afin de stabiliser mon état. J’ai accepté avec une certaine résistance puisque l’incertitude de la suite m’inquiétait énormément. Me voilà, hospitalisée pour problème euh... psychiatrique. Tout ça en l’espace de 10 minutes.


De retour à ma civière B-38, une montée d’émotion est survenue. J’ai pleuré, pleuré comme un bébé. J’allais être dans l’hôpital des «fous» (Je précise que c’est un étiquette que plusieurs personnes de la société utilisent). L’attente me sembla une éternité. On m’assura que j’allais pouvoir porter mes propres vêtements et garder mon cellulaire avec moi. Une bonne chose, non? Les scénarios ne cessaient de se présenter dans mon esprit tourmenté. Qu’allait-il m’arriver?


Quelques heures plus tard, un préposé est venu se présenter et m’indiquer que ce sera lui qui m’accompagnera à l’unité transitoire en santé mentale.


Euh quoi? L’unité quoi ? (My god, il parle le jargon !! Je ne comprends rien de ce qu’il dit! )


Faut que je le suive, EN JAQUETTE EN PLUS, jusqu’à cette unité ???? J’ai tellement le goût de tourner à gauche lorsque lui tourne à droite. Et je sais que ma soeur a bien saisi mes pensées car elle me suit de très près et me touche l’épaule quand le préposé tourne comme pour m’informer qu’il n'y a pas d'autres issues.



Karine Forgues (Le Mont intérieur)

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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