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L’émétophobie : mon histoire

L’éméto quoi ??? Ça mange quoi, ça en hiver? Bon, l’émétophobie c’est la peur de vomir. Vous allez me dire que personne n’aime ça vomir? Vous avez raison, mais chez une personne souffrant de cette peur, vomir c’est la fin du monde ... plutôt mourir que vomir! Je vous raconte ici comment cette phobie est entrée dans ma vie.


Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu des craintes face au vomi. Lorsque mes jeunes sœurs étaient malades, j’allais me cacher dans le garde robe en bouchant mes oreilles. J’avais horreur de ce bruit ... à ce moment là, je n’avais pas encore cette phobie.


C’est à l’âge de 12 ans que tout a commencé. J’étais allée dormir chez une copine, un soir d’été. On avait mangé pleins de bonbons et de chips. Au milieu de la nuit, je me suis sentie mal, mon amie a averti ses parents. J’ai essayé de me recoucher sur le divan mais ce qui devait arriver, arriva. Je me suis précipitée à la salle de bain et j’ai vomi ma vie... Je me rappelle avoir eu le sentiment de perte de contrôle, j’ai eu peur de m’étouffer aussi. Ma mère est venue me chercher et je suis retournée chez moi en pleine nuit.


Le début d’un long combat ...


Ma vie a radicalement changé depuis ma mésaventure chez mon amie. Chaque soir, j’appréhendais l’heure du coucher. J’avais peur de vomir. Ma mère devait me rassurer chaque soir que tout irait bien. Elle m’a répété la même phrase pendant au moins 2 ans. Juste entendre le mot "vomir" me faisait me sentir mal. J’ai commencé à faire des crises de panique et d’angoisses . Mais à 13-14 ans, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Pour moi, j’étais malade. C’est lors d’une visite chez un médecin qu’on m’a diagnostiqué un trouble anxieux. On m’a prescrit des médicaments. Ça m’a aidé un peu, mais à long terme, ça finit par faire l’effet contraire. On m’avait prescrit des anxiolytiques, médicament qui peut causer de la dépendance s’il est prit sur une longue période. Dans le temps, l’anxiété n’était pas aussi bien documentée que ça l’est aujourd’hui. Les médecins ne savaient pas trop quoi prescrire. Mon entrée au secondaire ne m’a pas aidée non plus côté anxiété.



Le secondaire


J’ai vécu beaucoup d’intimidation de la part des autres jeunes. On me traitait de tous les noms, on me crachait dessus, on riait de moi, on me lançait des boules de papier. J’en parlais avec mes parents et ils se sentaient impuissants. Il n’y avait pas de prévention de l’intimidation dans les années 1998-1999. La direction de l’école n’a jamais pris mon cas au sérieux. Donc mon anxiété a explosé à la puissance 1000. Je détestais l’école. J’ai donc commencé à songer au suicide, je voulais en finir avec toute cette souffrance. Un jour, ma mère a décidé de me faire hospitaliser car je n'allais vraiment pas bien. Ce séjour m’a fait du bien, mais vu que rien n’avait été mis en place pour m’aider avec l’école, l’année suivante aussi, j’ai dû être hospitalisée.


Je ne raconterai pas en détails chacune de mes années car ça prendrait au moins 50 pages !


Pour faire court, oui c’est vrai, je ne l’ai pas eu facile la vie. Mais laissez-moi vous raconter ce moment où je me suis dit : « là ça suffit faut que ça change ! »


Le déclic


En 2012, j’ai décidé de suivre une formation au cégep en technique d’éducation à l’enfance. J’ai adoré ce programme. Mais en mai 2012, mon père est malheureusement décédé d’un cancer, ce fut pour moi un choc, un immense vide . J’ai dû arrêter l’école car je n’allais pas bien. Je n’étais pas capable de faire mon deuil, j’avais tant de regrets, tant de choses que j’aurais voulu dire à mon père avant qu’il ne décède. Je me sentais coupable . J’ai commencé à manger mes émotions, comme on dit. Oui, j’ai pris beaucoup de poids. Lors d’une mini hospitalisation, j’ai monté sur une balance et quand j’ai vu le chiffre, je me suis dis : « ok Julie, là, tu ne peux plus continuer comme ça , faut que ça change ». J’ai commencé le sevrage des anxiolytiques, wow! Que ça n'a pas été facile, mais j’ai réussi !


J’ai également changé mon alimentation, j’ai adopté de saines habitudes alimentaires et j’ai intégré l’activité physique. En tout, j’ai réussie à perdre 60 livres. J’ai recommencé l’école et j’ai eu mon diplôme! J’ai arrêté de fumer ( oui j’ai fumé la cigarette durant plusieurs années). J’ai commencé à voir le positif dans ma vie. En 2015, je me suis trouvé un emploi comme éducatrice dans une garderie et je suis toujours à la même place aujourd’hui :) !


J’ai toujours la phobie de vomir. Vous allez me dire : « ben qu’est ce que tu fais à travailler dans une garderie si t’as peur de ça !! » Vous n’avez pas tord, mais je crois que ma passion pour les enfants est plus forte que cette phobie. Oui, je redoute les cas de gastro. L’hiver est une période propice à plus d’anxiété. Mais en 5 ans, je n’ai pas eu la gastro une seule fois, je touche du bois . Faut dire que j’ai des rituels que je n’ai pas le choix de respecter si je ne veux pas me sentir trop anxieuse. Le lavage des mains est le # 1. Je mange dans ma propre vaisselle, je ne mets rien à ma bouche si je n'ai pas préalablement lavé mes mains. Non, ces rituels ne me gâchent pas la vie! Bien au contraire! Je dois maintenant vous parler de ma passion qui, elle aussi, fait une grande différence dans ma vie!


Ma passion


J’adore chanter depuis que je suis petite. J’ai recommencé les cours de chant il y a 2 ans et demi. Ma passion est revenue en force. Lorsque je chante, plus rien autour n’existe. Je suis dans ma bulle en train de vivre mon moment! Je prends également des cours de chant avec Kevin Bazinet! Je me sens privilégiée de travailler avec lui. J’enregistre en studio et nous faisons des vidéos qui sont publiés sur les réseaux sociaux. Avec l’autre école de chant, j’ai la chance de faire 2 spectacles par année, dont 1 avec un Band de musique! Je travaille beaucoup avec ma prof Treecy, une coach et une personne formidable que j’ai le bonheur de côtoyer :) Bientôt, je commencerai des cours de composition. Je veux écrire mes propres chansons! Je crois que la musique m’a sauvée en quelque sorte. Il est important d’avoir un rêve, de se raccrocher à quelque chose qu´on aime.



Julie Bournival.

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