• France P.

Je suis parfaitement imparfaite

Aujourd’hui, à 33 ans, je me rends compte que c’est parfaitement normal d’être parfaitement imparfaite. Que c’est normal de ne pas être adossés à la tête de lit, tous les deux, un roman à la main, le soir avant de se coucher. Que c’est normal que, parfois, mon appart aie l’air d’un champ de bataille, qu'il n'a pas à être l’exemple parfait d’un magazine. Et je suis bien dans mon imparfait.

C'est pareil pour mon intérieur. Je me rends compte avec les années que j’ai le droit de me sentir brisée et triste. Que j’ai tous les droits de ne plus trouver rien à mon goût alors que j’aimais ça hier. Mais j’ai aussi le droit de me développer de nouvelles passions. J’ai le devoir de me respecter et de m’aimer …

...Pourquoi alors j’en suis incapable?

Pourquoi est-ce que juste l’idée de m’aimer me rend super anxieuse? Pourquoi suis-je incapable de me dire que je me trouve belle, intelligente et merveilleuse? Je suis un cordonnier très mal chaussé, car je suis capable de faire remarquer aux autres comment ils sont fantastiques et si beaux. Alors que moi, j’ai honte de ce que mon corps est devenu, j’ai honte de comment je me suis laissée aller dans les nombreuses dépressions que j'ai vécues. J’ai laissé le noir envahir ma tête et mon corps. Je suis devenue une paresseuse sans bon sens qui ne bouge plus. J’ai peur de sortir, car je me dis que les gens me regardent pour rire.

Longtemps dans ma vie, ce fût le cas.


«France, elle n'est pas importante. Tant que les autres aillent bien.»

Je me donne rarement le droit d’être égoïste. Je suis et je resterai toujours quelqu’un de trop généreux de son temps et de sa vie. Je suis incapable de recevoir, car, chaque fois, je me dis que je ne le mérite pas. J’aime définitivement mieux donner. (Vous devriez me voir quand j’achète les cadeaux de Noël! C’est rendu que je les cache chez des amies pour pas les donner aux enfants trop tôt.)

Je suis parfaitement imparfaite avec moi. Je n'aurai jamais la prétention d'être parfaite.


Chaque année, quand arrive le 31 décembre au soir, je me fais une «bucket list» de désirs pour moi-même. Malheureusement, j’ai la même liste depuis que je suis sortie du secondaire en 2004. J’ai la même liste qui me dit de prendre soin de moi, de ne pas travailler des heures de fou, qu’un projet à la fois, c’est suffisant, de m’aimer, car je le mérite. Je n’ai jamais réussi à accomplir cette liste! C’est un peu comme un projet sans fin. Un peu comme ma pile de vêtements à plier. Une histoire sans fin, car je ne vois même pas le commencement.

Un bon jour, je vais enlever un item de cette liste-là. Un autre jour, ma liste de plan de vie sera à zéro et je pourrai me dire que je suis fière d’être l'imparfaite que je suis. Je vais pouvoir dire haut et fort que j’ai réussi parfaitement à être imparfaite dans ma vie. La journée où ma liste sera terminée, je vais me trouver autre chose à mettre dessus. Je suis comme ça. Je dois toujours avoir une liste pleine de listes à faire. J’aime donc me garder occupée.


France P.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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