• France P.

Je déteste mon corps

Mis à jour : sept. 5

J’ai une mauvaise relation avec mon corps depuis quelques années maintenant. Deux grossesses et plusieurs essaies de médicament plus tard ont donné des résultats plutôt désagréables. C’est un peu comme si mon corps n’était plus le miens. Comme s’il avait abandonné l’idée d’être ce qu’il était il y a 10 ans. Mais cette histoire-là, c’est une longue histoire.


Plus jeune, j’étais la petite grosse du secondaire. À chacune de mes tentatives de suicide, je m’étais enfermé dans la nourriture et chaque fois, la balance penchait vraiment dans les hauteurs. Jusqu’à ce que je fasse une dépression à 20 ans qui m'a fait perdre une cinquantaine de livres (je mangeais un cheeseburger de chez Mc Do et un mini plat de pâtes par jour, plus que ça, j’étais malade). J’étais à un "quand même santé" 190 livres.


Puis, est arrivé la naissance de ma fille. 245 livres au compteur! J’ai quand même réussi à perdre 15 livres pour me retrouver à un beau 230. Ensuite, est arrivé la première ronde d’antidépresseur pour traiter mon post-partum. 250 livres, cette fois ci. Mon cœur et ma tête ne s’aimaient plus. J’étais enfermée dans une prison de regrets et de biscuits Oreo.


Plus tard, il y a eu la naissance de mon fils. J’ai perdue 25 livres pendant la grossesse, et un charmant 10 livres de plus après. Armée de mon 215, j’étais, dans ma tête, prête à redevenir mon moi-même. Mais c’est là que la médication est entrée dans ma vie à temps plein. Et c’est là que j’ai perdu le contrôle, mais surtout, j'ai perdu le combat contre la prise de poids.


Aux premiers médicaments, anti-dépresseurs et stabilisateurs émotionnels pour ma bipolarité, j’ai pris un étourdissant 40 livres. J’ai monté à un niveau que je n’aimais pas. J’ai essayé de bouger plus, mieux manger. Rien à faire, le poids montait encore et encore. Puis, la molécule m’a lâchée. Elle n’était plus efficace. J’ai donc dû changer pour une nouvelle. J’ai encore augmenté la cadence et tout fait pour bouger. Rien à faire. J’étais alors à 290.


Toujours à ce poids, j’ai ajouté un anti-psychotique à ma pharmacie, en plus d'un médicament pour le déficit d’attention. Je suis maintenant à 300 livres, à l’âge de 32 ans, et je me déteste! Je ne peux même plus me regarder dans le miroir. J’achète mes vêtements sur internet, car je ne veux même plus les essayer. Je me fie à ce que ma femme et mes enfants me disent pour savoir si ça me fait bien. Et ça me stress. Ça me stress de magasiner, de m’habiller. Je me sens observé et jugé sur tout ce que je porte.


Je déteste mon corps. Et il me le montre bien!


Je retourne faire la planche! Question de torturer un peu plus mes abdos non existants.


-France P.


Dessin de Laurence Bentz

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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