• Victor

“J’te dis qu’à soir dans mon p’tit coeur, y fait frette”

Mis à jour : sept. 4

Vous avez reconnu le titre de mon article? Il s’agit d’un extrait d’une des chansons les plus triste de l’histoire de la musique, Le répondeur, du groupe Les Colocs, sur un des albums tout autant triste, Dehors Novembre, paru en 1998. Je me sens un peu comme ça, en ce moment, pour être franc.


Je sais bien que la planète Terre est en crise et que des gens meurent chaque instant du Covid-19. Je sais qu’il y a bien pire que moi dans ce monde en ce moment. Cependant, c’est beau la souffrance des autres, mais moi, je me sens vide, je me sens mourir de l’intérieur.


Ce qui fait en sorte que nous sommes vivant

Revenant de voyage, je suis en quarantaine obligatoire chez moi. C’est mon rôle en tant que citoyen, ce que l’on me demande de faire pour le bien collectif. C’est difficile pour un borderline être exclu, être rejeté, être mis à l’écart quoi. Pire, lorsque la quarantaine sera fini, je ne pourrai pas vraiment faire plus, outre pouvoir aller faire mon épicerie moi-même ou encore aller à la pharmacie, au lieu de demander à mes colocs de le faire.


J’ai hâte de voir des gens et ressentir la chaleur humaine. Rencontrer et apprendre à découvrir de nouvelles personnes, être gourmand de l’autre. Vivre joie, peine et bonheur. Rire, être curieux, boire un coup au bar. S’embrasser puis baiser! Je suis un être humain extraverti de nature, j’ai besoin de contact humain pour me nourrir.


La quarantaine et la situation actuelle commence à me rentrer dedans. C’est beau Netflix, mais j’ai besoin d’être diverti. J’ai besoin d’être stimulé, en fait. Il me tarde d’avoir des regrets, d'être amer. De voyager pour mieux se découvrir. Assister à un événement sportif ou culturel. De voir mes parents même! Toutes ces choses banales de la vie que nous prenons pour acquis, mais qui font que nous sommes vivant. Que notre cœur bat.


Faire mon épicerie me manque. Prendre le métro. Aller au centre commercial. Là, je m’ennui. Je ressasse ma vie. Je pense à mes ex. À toutes les femmes que j’ai aimé. À la bouteille. Je pense à ma vie d’étudiant. À mes erreurs de vie. À l’éducation que j’ai reçu de mes parents. À la vie, à la mort.


Prisonnier non-coupable

Je fais rien de mes journées, pourtant je me sens tellement fatigué. J’ai beau m'entraîner chez moi, faire du ménage, je sais pas, c’est le fait d’être encabané qui me rend dingue. Être privé de liberté, du fait de choisir volontairement de ne rien faire et rester dans sa demeure au lieu d’en être prisonnier.


Je sais, ce n'est facile pour personne, mais c’est plus difficile pour d’autres je pense bien.

J’ai de la peine. Depuis quelques jours, y fait froid dans mon petit coeur.


Victor.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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