• Julie

J'haïs-tu ça Noël ?!

Mis à jour : juil. 1

Assise dans le bureau de ma psy, il y a 6 ans, à l'approche des Fêtes, elle me demande : "Comment tu vas?". Comme presque toutes les fois je réponds :"fatiguée".


Elle me fait développer sur qu'est-ce qui me fatigue, ce qui me tracasse... Le temps des Fêtes arrive. "Qu'est-ce que ça évoque pour toi les Fêtes? Est-ce que t'aimes ça?"... Est-ce que j'aime ça...? Comment dire... j'haïs ça! "Qu'est-ce que t'aimes pas?"... Ouin, c'est quoi que j'aime pas...???


C'est difficile d'avoir la joie dans le cœur et la tête à la fête quand tu es épuisée...


Pendant des années, mon conjoint et moi avons travaillé dans des commerces de détail. La période des Fêtes est celle la plus achalandée de l'année, celle où on ne trouve pas nécessairement la crème du client, où l'impatience et l'injure sont des denrées quotidiennes. À toutes les années, nous avons travaillé le 24 décembre de 8-9 h A.M. jusqu'à 17-18 h, nous étions de retour au travail le 26 à 9-10 h pour travailler, le pire jour de l'année, là où tout semble permis (!), parfois jusqu'à 22 h. (Pire pour certains qui travaillent le 25 décembre) (Oui, les employés travaillent même quand le magasin est fermé, donc partez quand c'est l'heure de fermeture... merci!).


Ce n'était plus le cas, je travaillais maintenant pour la compagnie de mon conjoint. Ce changement avait affecté mon horaire. Des heures fixes, du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h, à la maison. J'avais maintenant cessé de faire des migraines dû à ma fluctuation de sommeil et le stress.


J'aime pas non plus les réunions de famille... Tout le monde parle en même temps, j'entends rien. Si je veux parler, c'est long quand je parle, tout le monde me coupe, j'ai l'impression qu'on ne m'écoute pas. Je dis toujours ce que je pense, ce n'est pas tout le monde qui est prêt à entendre ça, les gens font du "small talk", j'haïs ça... Ça m'épuise, je suis une personne introvertie, pas timide, introvertie, ce n'est pas la même chose. Je recharge mes batteries quand je suis seule. Je vide mes batteries quand je suis avec les autres.


Ma psy me dis: "garde-toi du temps pour toi. Une conversation ne te convient pas et tu penses qu'intervenir ne serait pas une bonne chose? Retire-toi. Va ailleurs. Tu as besoin d'une pause, retire-toi, recharge tes batteries. Essaie le plus possible d'avoir des conversations "one on one", ton interaction sera plus authentique."


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Je n'aime pas grand chose dans la bouffe de Noël... Je n'aime pas la viande hachée et la dinde... Dans ma famille, on ne mangeait pas de dinde dans le Temps des Fêtes, on mangeait du pâté à la viande et du ragoût de boulettes avec de la patte de porc. Je mangeais donc de la patte avec des pommes de terre. Du côté de mon conjoint (avec qui je suis depuis 21 ans), eux, c'est des pâtés à la viande, de la dinde et du ragoût de boulettes avec TRÈS PEU OU PAS de pattes... Je mangeais beaucoup de pain, de fromage et de patate! (diète haute en féculent!) Parfois, je me vengeais sur le dessert, j'adore le dessert! (Je n'essaie pas de faire pitié ici... y'a des gens qui n'ont rien à manger, je le sais. Voici comment était ma vision de Noël et mon parcours.)


Ma psy me demande : "As-tu déjà proposé à la famille de ton conjoint de faire le ragoût?" Hum... non! Je n'y avais pas pensé. Je n'aurais pas voulu déranger non plus... À toutes les années, la famille de mon conjoint se réunit pour décider de qui fera quel plat, qui recevra cette année-là (qui fera le père Noël)... Quand le ragoût est venu sur le sujet, je me suis proposée. L'oncle de mon conjoint dit : "Je vais le faire, j'ai déjà commencé à acheter le stock." Après plusieurs hésitations, je finis par le demander : "Penses-tu que tu pourrais ajouter de la patte? Comme des gros morceaux?", avec un air de "t'es pas obligé". Et lui, sans hésitation, me répond: "Bah oui!". On m'a demandé mes suggestions pour les desserts, la cousine de mon conjoint fait de délicieux gâteaux. "Un gâteau forêt-noir? (mon gâteau préféré)" "Ben oui!"


Ça se peut..! Ça peut être facile comme ça? Ça ne se peut pas que je puisse aimer Noël juste de même!


Cette année-là, j'ai tellement mangé! Au service du ragoût, on me mettait de côté de gros morceaux de porc, juste pour moi.


Pendant des années, je n'ai pas voulu déranger, j'ai pensé que d'avoir un Noël qui pourrait être à mon goût serait trop demander. J'ai pensé qu'on me répondrait "non", parce que j'ai pensé que je ne valais pas la peine qu'on me dise oui.


J'ai aussi pensé que les gens qui ne demandaient pas d'aide quand ils en avaient besoin ne méritaient pas d'en recevoir. Jusqu'à ce que je comprenne que parfois, on pense qu'on ne mérite pas d'en recevoir...


Changez d'idée, vous le méritez.


Julie.


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