• Kayssie

J'aurais tellement envie de crier



Pas que je sois une grande hystérique, ni une partisane de sports dans la foule en délire, mais j’ai un message à livrer. Ma voix désire se déployer et voyager à travers les oreilles de tous, même ceux qui ne sont pas trop enclins à écouter. Il est plus que temps que les choses bougent.


Les tabous, les stéréotypes, ça n’existe pas que dans les films. Les histoires en matière d’anxiété, de dépression, d’harcèlement, de violence physique et psychologique, d’endettement, de suicide, ils concernent de près ou de loin chacun d’entre nous.


Comment trouver les causes expliquant ce phénomène collectif de jugement? Qu’avons-nous gagné comme privilège pour qualifier la vie des autres comme saine ou alors toxique? En quoi le fait d'évaluer leurs valeurs soit bénéfique pour la nôtre?


Avoir un cadre de référence nous permettant de sculpter ses aspirations et ses projets, il n’y a rien de néfaste dans cette démarche bien intentionnée. Analyser méticuleusement ou chercher des réponses à travers le parcours de certains pour se préparer aux possibles défis, cela prouve que notre désir de s’élever vers une vie de plus en plus épanouissante est profond et immuable.


Il est humain d’observer ce qui nous entoure, que ce soit les comportements d’autrui ou les événements dans leur ensemble. Il est tout à fait légitime de baser quelques-uns de nos choix en fonction de la norme, puisqu’elle est un indicateur, non pas un commandement. S’il y a un trop grand écart entre les gains d'une décision et la souffrance vécue par la suite, il est urgent de se repositionner.


Pourquoi pensez-vous que tant de gens ressentent un vide intérieur difficile à décrire et à soulager? Parce qu’avec toutes ces opportunités, toutes ces relations « poubelle », toute cette abondance matérielle à portée de main, toute cette accessibilité si facile et présente partout où l’on va, on devient carrément perdu.


On peut se plaindre sur certains fondements de la société, voire s’y opposer férocement :

« Maudite société, regarde où elle s’en va! » « Les jeunes de nos jours….ah seigneur ce n’est plus comme avant! Je suis découragé » Et bien nous sommes tous sans exception ladite société. Nous vivons à travers la société qui précède celle qui nous précède, et les deux ou trois qui nous suivent.


J’aurais tellement envie de crier… « Aimons la différence. Acceptons les défis chaque jour. Voyons chaque humain comme d’une entité conçue pour nous apprendre quelque chose, aussi minime soit cette chose, sinon faire naître la gratitude d'être en santé ou entouré de notre famille. Au fond nous pouvons, grâce à un grand travail sur soi, se satisfaire avec l'essentiel. Et ne pas chercher à critiquer ce qui semble essentiel pour les autres. »


Si nous avions tous les mêmes compétences, il y aurait un tas de manques dans les rouages de notre système. Si nous étions tous identiques, comment se dessinerait l’attirance dans les relations amoureuses? Si nous étions parfaits, sans défaut de fabrication, comment pourrions-nous pratiquer la tolérance, l’humilité, la résilience ou bien la sagesse?


Qui plus est, lorsque je contemple les réactions sur les réseaux sociaux, il est facile de constater que l’acceptation des individus souffrants de maladies graves ou incurables, ceux qui ont un trouble de développement, une déficience intellectuelle, se trouvent dans une catégorie souvent enveloppée de ouate, et c’est génial. Ce n’est pas tout le monde qui est en mesure de se « défendre », alors le reste de la population conscientisée s’assure de créer une sorte de héro protecteur pour les plus démunis. Mais qu’en est-il de ceux qui ont presque toutes leurs capacités intellectuelles, mais qui souffrent de traumatismes, de dépression majeure, d’hallucinations ou de phobies envahissantes?


Pourquoi l’indulgence semble avoir un parti pris quand ça l'arrange? Dans les faits, la définition d’indulgence rejoint tout type de contexte. Cela repose sur le fait d’accepter, de tolérer, de pardonner. Alors soyons à la hauteur de ce mot, le monde se portera tellement mieux.


J’aurais tellement envie de crier… « Tu sais, moi aussi j’ai des moments difficiles. Parfois, les journées s’empilent dans mon cœur, je me réveille un jour de plus avec le sentiment d’avoir le corps figé dans la glace. Je comprends la souffrance plus que je ne le laisse paraître. Ne jugeons pas, car, lorsque nous le faisons, nous permettons aux autres d’en faire de même avec soi. Et personne ne mérite un tel châtiment. »


Avec amour et bienveillance,


Kayssie

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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