• France P.

J'ai peur d'elle...

Mis à jour : sept. 5

Aujourd'hui, on m'a demandé pourquoi je ne parlais pas plus de mon trouble schizo-affectif. Pourquoi je n'aborde pas davantage cette partie de moi qui, pourtant, en est une grande dans ma réalité. Je crois simplement que c'est parce que j'en ai peur. J'ai peur de cette partie d'ombres et de voix qui envahit mes pensées lorsque je me sens attaquée. Pour moi, mon trouble de schizo-affection, c'est un peu ma tête qui tire des coups de fusils, seule dans la nuit. Mes pensées sont des balles qui ne demandent qu'à exploser en images, en bruits ou en voix.


Ceci dit, il s'agit du secteur de ma maladie mentale qui est le mieux contrôler. Il a quelques échappées, mais sommes toutes, je gère quand même bien. Je ne vois plus les ombres passer derrière moi quand je suis seule quelque part. Aussi, je prends assez de médicaments pour m'empêcher de trop entendre ces voix qui réclament mon attention sans arrêt. J'en entends encore un peu, par contre. Imaginez-vous, à 5h45 du matin, devant la machine à café et entendre : "Hey France!" Et que vous êtes seule sur le plancher. C'est ça, ma réalité!


Ça, et aussi d'être paranoïaque comme ce n'est pas possible. Je vois mes collègues rirent ensemble et me regarder, et j'hallucine que c'est de moi. Je vois mes patrons parler d'une employée et je crois que c'est de moi qu'ils parlent. Je me mets à imaginer des tonnes de scénarios, tous plus fou les uns que les autres. Je suppose que je me fait rentrer dans un bureau pour me faire dire que je suis renvoyée ... alors que dans la réalité, mes patrons passent leur temps à me dire que ce n'est pas le cas, que je fais du bon boulot.


La schizophrénie dysthymique affecte plus particulièrement la cognition et l'émotion. Les anomalies auditives, la paranoïa, les délires, ou un langage et pensée désorganisés avec dysfonctions sociales et personnelles sont fréquents. – Wikipedia


(Je sais, ce n’est pas la source la plus fiable d’habitude, mais dans le cas présent, c’est mots pour mots ce que m’a dit ma psychiatre.)


Pour moi, ma paranoïa, c'est de délirer sur la persécution. Je crois que je suis une victime, que je ne fais jamais rien de correct et que je vais finir par tout perdre. Mon emploi, ma famille, ma santé. Je m'imagine que je suis mauvaise, que je suis bonne à rien quand, dans la réalité, je suis très apte à faire mon travail et à m'occuper de ma famille. À bien y penser, il y a aussi un problème d'estime de soi qui se cache derrière autant de paranoïa.

Comment je me sens avec ma tête qui part partout!

Avec la paranoïa viennent aussi les délires. En pleine crise, je suis assise sur mon lit et j'essaie de m'arracher les sourcils, poil par poil. Je tente aussi de m'enlever la peau, car elle est de trop et je sens l'électricité qui se promène partout en dessous. Mes pensées ne s'organisent plus. Si ma femme n'était pas là, je crois que j'aurais vraiment fini par m'arracher la peau du visage et des bras. Encore une fois, mes délires sont des délires de persécutions. Peu importe combien de fois on peut me dire que je suis bonne à quelque chose, ça ne fonctionne pas. Je pars dans des bulles où je me trouve horrible et mauvaise, jamais bonne. Un peu gossant, à la longue.


Heureusement, la dysfonction sociale est plus douce. J'en aurai beaucoup à dire, mais je vous en parle une autre journée. Là, je vais faire mes petites choses avant le dodo, car même sous quarantaine, je travaille demain!


Bonne soirée!

France P.

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