• Andréa

J'ai fait une rechute

Mis à jour : août 27


Me semble que tout allait bien. Du moins, c’est ce que je m’imaginais ou ce que ma tête s’efforçait à me faire croire.

La vie était rose. Peut-être même trop rose à mon goût. Tu vas me dire : « Mais oui, t’aurais dû le voir ». Certes, je ne le vois qu’à présent que je prends du recul. Ma psychologue avait l’habitude de me répéter « Quand t’as le nez plein dans la mard*, tu ne sais pas nécessairement qu’il est dedans jusqu’à ce que tu recules et le constate. »

Sa remarque prend beaucoup plus de sens aujourd’hui.

Je n’ai rien vu. J’étais trop prise dedans. Tellement que je me suis laissée aveuglée par ce bonheur éphémère.

Il n’y a pas très longtemps de cela, tout semblait aller pour le mieux. J’en avais arraché depuis et les étoiles semblaient s’être alignées pour moi. Je venais de relâcher mon souffle que j’avais trop longtemps tenu, de m’être débarrassée d’une tonne de briques sur mes épaules. J’ai vraiment cru que j’étais « guérie », que j’avais enfin changé.

Pour une fois que je me sentais heureuse et confiante !

J’avais un nouveau copain et on s’aimait comme des fous. On s’emplissait la tête de projets et, à peine quelques semaines à se côtoyer, on s’imaginait déjà habiter ensemble, avoir un chien, s’entrainer ensemble.

Bref, la totale.

Tout ou rien comme on dit.

De mon point de vue, on, ou devrais-je dire je, filais le parfait bonheur. Un nouveau copain, des nouveaux amis, un été qui s’annonce palpitant, un road trip, quoi demander de mieux ?

Puis il m’a laissé et mon univers s’est écroulé.

- Faut que tu apprennes à te gérer seule avant de demander l’aide des autres, avant de trop t’attacher aux autres. C’est malsain. Je fais cela pour ton bien.

Il est disparu de la carte aussi vite qu’il y est apparu, me laissant seule sanglotant et plus démunie que jamais.


Je mentirais si je ne disais que je n’ai pas pensé mourir et que je n’y pense pas encore. C’est comme si je vivais constamment sous un nuage, mais je ne sais jamais lorsqu’il va pleuvoir. « Je fais cela pour toi ». Je ne pouvais croire que la douleur faisait partie de mon bien-être. Enfin, cela fait plus partie du processus vers mon bien-être mental…

L’affaire la plus difficile lorsqu’on vit avec des problèmes de santé mentale, c’est qu’on ne sait jamais lorsqu’ils feront surface. Ils disparaissent pendant des mois et reviennent un bon jour comme cela sans crier gare. À l’inverse, ils peuvent être si fort pendant des semaines et, tout d’un coup, tout semble si beau.

Tu connais l’expression « Mettre tous ces œufs dans le même panier » ? C’est exactement ce que j’ai fait.

Depuis le début de mes difficultés, je n’ai jamais eu l’impression d’être tombée d’aussi haut. Mais c’est ça que ça fait lorsqu’on essai de voler dans les nuages, de ne pas toucher Terre pendant trop longtemps.

On vole, on apprécie le moment, on fantasme et puis on tombe parce qu’on ne s’est pas arrêté plus tôt.

Je ne sais quand je ne me relèverai ni dans quel état, mais on dit que les crises ont toutes une fin.

J’ai envie d’y croire ce soir.


Poète à l'eau de rose.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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