• prisbeaulieu19

J'ai couru ma vie



Il y a quelque temps, j'ai abordé le thème de la colère, cette émotion qui est le pilier de notre santé mentale. Et bien, en voici un exemple concret.


Dans le précédent texte (La colère : Le pilier de notre santé mentale), je mentionnais comment j'étais plus souvent qu'autrement une personne complaisante. Cela m'a amenée à vivre des situations où mes limites n’ont pas été respectées. Où j'ai ressenti de l'impuissance, de la honte, de l'injustice et même de la rage.


Le problème est que moi, la colère, je l'évitais, je la cachais et parfois je l'avalais. Oui, simplement et littéralement l'avaler. Sentir la colère monter et me dire : NON. Prendre une respiration et l'avaler. C'était terminé, la colère était partie dans mon coffre à colère (là probablement où se retrouvent toutes mes frustrations non exprimées). Oui, j'ai avalé ma colère. Je la mangeais parfois aussi; gâteries, chocolat, tout ce qui pouvait me réconforter. Il m'est aussi arrivé de la boire, cette colère. Des stratégies qui se sont avérées néfastes pour moi.


Puis un jour est arrivé l'entraînement, la mise en forme et la discipline. Enfin, je me sentais bien, je me sentais en contrôle, j’avais du pouvoir sur ma vie. Du moins, c'est ce que je croyais.


Sur le tapis, j’ai couru mes déceptions, j’ai couru ma peine, j'ai couru ma souffrance et surtout, j'ai couru ma colère. J'ai couru mes plus grandes injustices et mes pires relations amoureuses. Sur le tapis, j'ai couru ma vie. J'ai couru pour me prouver que j’étais quelqu'un de digne, quelqu'un qui méritait d'être traité avec respect.


J'ai couru a en perdre le souffle, j’ai levé des poids, j’ai frappé dans un punching bag encore et encore. J'ai perdu beaucoup de poids et plus je perdais, plus je me sentais en contrôle. J'ignorais en fait que c'était l'inverse.


Je croyais avoir enfin trouver un équilibre, trouvé mon pouvoir, trouvé qui j'étais réellement. Je me trompais tellement. Ce n’était jamais assez. La discipline est devenue une obsession et l'entrainement est devenu une obligation. Si je dérogeais, j'étais envahie de honte et de culpabilité. J'étais noyée constamment par des pensées remplies de critiques et de jugements envers moi-même. Les années ont passées et je me suis réveillée un jour. Comment en suis-je arrivée à me détester autant ?


J'ai eu une prise de conscience. Soudainement, je ressentais le besoin de me traiter avec douceur et bienveillance. J'ai eu de la peine pour cette pauvre fille qui faisait tous ces efforts et qui n'était toujours pas satisfaite d'elle-même. Je l'ai prise par la main et je lui ai dit :«C'est le temps de descendre du tapis roulant et de commencer à t'aimer telle que tu es». J'ai entrepris un nouveau parcours ; celui de l'acceptation, de l'équilibre, de la compassion et de la bienveillance. Il m'arrive encore de courir ma vie, mais maintenant je le fais en pleine conscience et par amour pour moi.


Prisk.




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.


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