• Laurie

J'ai arrêté ma médication

Mon sevrage s'est fait tout en douceur. Il s'est échelonné sur de longs mois et, somme toute, sans aucune conséquence lourde. Assez bien que je ne voyais pratiquement pas de changement dans ma vie entre chaque différente dose. Sauf pour la dernière étape. C'est lors de l'arrêt complet que j'ai pu constater plusieurs mouvements dans ma vie. Certains sont très positifs, d'autres, un peu moins.


Les motivations derrière mon sevrage sont forts simples. Je n'avais jamais eu besoin d'anti-psychotique avant ma dernière relation. Bien que très évidentes, mes sautes d'humeurs avaient toujours été «douces» pour une TPL. Je me suis donc dis que, peut-être, je n'en avais plus besoin maintenant que je n'étais plus en contact avec cette personne. Pendant que j'étais en couple, j'ai dû augmenter ma dose à 3 reprises, sentant que ce n'était jamais suffisant ni efficace (après coup, je vois bien que ça aurait dû me sonner une cloche). Après de longues réflexions, j'ai réalisé que j'avais opté pour la médication dans le but de faire fonctionner un couple qui finalement, n'avait aucune espérance de longévité quoi que je fasse. J'avais eu besoin de mon séroquel pendant un temps, et je suis vraiment fière d'avoir osé accepter cet aide. Mais désormais, je me sentais prête à faire cavalier seule.


J'ai vraiment diminué tranquillement. Et rapidement, j'ai constaté que le médicament ne me servait qu'à m'endormir le soir. J'avoue que j'ai eu très peur de me rebuter à des nuits blanches. Pendant ma prise de médication, j'étais incapable de trouver le sommeil sans prendre mon séroquel. Il m'était arrivé 2-3 soirs de l'oublier et je le réalisais quand je remarquais qu'il était rendu 23h et que je ne dormais toujours pas! Il faut dire que je dépasse rarement les 21h30.


Mais le 24 décembre dernier, je me suis fait un cadeau de Noël à moi-même. J'ai osé me sevrer complètement. J'étais rendue à la plus petite dose possible, et ce, depuis des semaines. Il était temps. Et les circonstances étaient parfaites.

Ma crinière matinale !

La bonne nouvelle, c'est que j'arrive maintenant à m'endormir par moi-même. Ce n'est pas toujours évident, et mon sommeil est parfois mouvementé, mais j'y arrive. Si vous saviez les rêves que je peux faire des nuits! C'est à se demander si je ne prends pas de drogue en cachette de moi-même!


Cela dit, c'est effectivement mon seul souci. J'avais raison de prendre cette décision, car je constate que j'arrive bien à gérer mes émotions sans médication. Pour l'instant, mes autres trucs de «bien-être» sont amplement efficaces.


Cependant, n'allez pas croire que je suis contre la médication, au contraire. Je sais très bien que dans certaines situations, les médicaments sont primordiaux à la survie de l'humain. Et si un jour je me retrouvais dans cette position, je courrais jusqu'à ma clinique pour avoir une prescription.


Je partage cette histoire dans le but de rendre «normal» la prise ou l'arrêt de médication. Je n'ai pas honte d'avoir eu besoin d'une petite pilule pour arriver à stabiliser ma santé mentale. Et si un jour je dois recommencer, je ne le verrai pas comme un échec non plus.


J'en profite également pour passer un message. Tu as le droit d'être contre la prise de médicaments. Cependant, c'est ton opinion, et les gens ont le droit à la leur. Si tu n'es pas capable d'en discuter respectueusement en argumentant sans jugement, ben abstient-toi. Merci!


Laurie

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