• Elwing

I'm tired guilt, I'm tired of crying

Mis à jour : 14 août 2019

Un jour, une personne que j’aime beaucoup m’a dit :


Tu ne peux pas contrôler ce que les autres pensent de toi.


Cette phrase m’a fait peur. Et elle me fait encore peur. Parce qu’elle est vraie. Parce que je n’aime pas déplaire. Parce que je ne veux pas être rejetée. Parce que je ne veux pas être laissée à moi-même. Parfois, j’agis contre mes valeurs pour ne pas que les autres pensent ou disent du mal de moi. Chaque fois, je me sens mal parce que je laisse les autres choisir à ma place ce que je pense, ce que je veux et ce que j’aime.


Et il y a les regards aussi. Ceux des autres. Souvent, ils sont difficiles à déchiffrer et encore plus à affronter. Alors je détourne les yeux. Puis toutes sortes de questions et d’hypothèses plus improbables les unes que les autres s’agitent dans mon esprit embrouillé. Tout ça, parce que j’ai peur.


Certaines personnes ont une phobie des araignées, d’autres des orages. Moi je suis terrorisée par les regards et les pensées des autres sur moi.


Le plus dur n’est pas au travail, ni à l’Université, ni même dans le métro. Non…le plus dur pour moi, c’est à l’hôpital. Parce qu’assise entre une femme qui tousse à en cracher ses poumons et un homme recouvert de bandages de la tête au pied, je vais plutôt bien. Moi, je suis celle qui engorge le système. Je suis celle qui n’est pas un cas urgent.


Je suis celle qui n’est pas vraiment malade.


Et pourtant, dans ma tête, c’est la pagaille. Je pleure chaque soir. Mon dos et mes cuisses sont recouverts de cicatrices, je ne mange plus, je ne dors plus et mon esprit est envahi par des images de moi entrain de mourir.


C’est ce que je vivais chaque fois que je me rendais à l’hôpital parce que je n’en pouvais plus de souffrir en dedans. Mais souffrir en dedans n’est pas moins douloureux que de souffrir en dehors. Le cerveau aussi peut être malade. Même s’il n’y a rien sur les radiographies, la blessure est là et elle fait mal.


Parfois, j’aimerais avoir le courage de dire à ceux qui me regardent de travers que j’ai aussi mal qu’eux. Que j’aimerais mieux avoir le bras cassé quelques semaines que d’avoir un TPL à vie. Que j’aimerais mieux avoir un antibiotique quelques jours pour traiter une pneumonie que de prendre un médicament pour stabiliser mes humeurs lorsque tout va de travers.


Mais ce n’est pas le cas. J’ai un trouble de personnalité limite et j’ai un trouble bipolaire type II. Ce n’est pas ce que je veux, mais c’est ce que je vis. Alors qu’est-ce qu’on fait?


On apprend.


Apprendre à ne pas laisser les pensées et les regards nous atteindre. Apprendre à se relever à chaque chute même si elles peuvent être parfois plus nombreuse. Apprendre à garder auprès de nous les gens qui nous font du bien et à dire au revoir à ceux qui nous nuisent. Apprendre à choisir notre bonheur sans culpabiliser. Et surtout…


Apprendre à être heureux en se respectant soi-même.


Elwing



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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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