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Histoire de naissance (partie 3)



Suite à mon passage au CLSC, les événements se sont multipliés et rien n'indiquait que la situation allait s'améliorer. J'avais l'impression de vivre dans un espèce de flou où je faisais des choses que je ne contrôlais pas. Je me souviens, qu'un soir, j'ai eu une grosse chicane avec mon chum dont ma mère a été témoin. Elle ne comprenait pas ce qui se passait et lui non plus. J'étais en train de lui dire qu'il n'avait pas été présent pour moi durant la grossesse et qu'on dirait qu'il ne voulait pas d'enfant finalement. Je pleurais et je rageais intensément et mon chum s'est enfermé dans notre chambre. J'ai eu le réflexe d'appeler mon père pour lui dire que ça n'allait pas bien et que je songeais à laisser le père de mon tout jeune bébé. C'est à partir de ce moment-là que mon père a réellement compris que quelque chose clochait chez moi.


Quelques jours plus tard, un moment magique pour mon bébé était prévu. Un bain thalasso pour que mon garçon puisse revivre sa vie dans mon ventre en se laissant bercer dans l'eau chaude et la musique douce. Lors de cette journée et quelques jours avant, j'étais irritable et impatiente. Les femmes qui s'occupaient de cette séance étaient en train de tout mettre en place et j'ai alors vu mon chum qui textait et qui me disait qu'il attendait un appel. J'ai fait une grosse crise et je lui ai dit de sortir de la salle de bain s'il n'était pas capable de profiter du moment. Sur le coup, les femmes n'ont rien dit, mais elles ont été sous le choc ensuite de ce que j'ai fait. J'ai pris mon bébé, de 10 jours, par les mains et je le faisais marcher... Jamais je n'aurais fait ça en étant toute là. J'ai complètement traumatisé les femmes et la photographe est allé voir mon chum pour lui dire qu'elle refusait de continuer. Au même moment, des intervenantes sociales du CLSC sont entrées pour me parler et me dire de faire des sacs, car je devais partir.


Mon père et mon chum avaient fait des appels pour que quelque chose se passe vu mon état. Je ne comprenais rien. Pourquoi je devais partir ? Je me sentais en pleine forme pourtant. Quand j'ai vu mon père devant ma porte patio, j'étais contente de le voir et lui m'a dit de le suivre pour aller parler. Il m'a écouté dire des choses qui n'avaient pas d'allure comme que je voyais des dents pousser dans la bouche d'Adam, alors que ce n'était pas du tout le cas. Il m'a convaincu d'aller prendre mes choses les plus importantes et il m'a dit qu'il allait aller me porter où je devais être. Je n'avais aucune idée d'où je m'en allais. J'ai fait beaucoup trop de sacs, car je me suis dit qu'ils allaient comprendre que je suis capable de prendre soin de moi. J'ai compris où j'allais quand je suis arrivée dans le stationnement: l'hôpital. Je DÉTESTE l'hôpital et je venais d'y faire un séjour en plus. J'ai donné ma carte d'assurance-maladie et d'hôpital et ils m'ont tout de suite transférée à l'urgence psychiatrique. À ce moment, je ne savais pas que c'était ce type d'urgence et je dois vous préciser que certains passages ont été écrits avec l'aide de mon conjoint, car certains événements sont flous dans ma mémoire.


Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre et je n'arrêtais pas de parler. Je parlais aux caméras, car j'étais sûre qu'on m'espionnait et qu'on riait de moi. Je parlais à mon père et je lui posais tout plein de questions sur ce qui allait se passer. Ils m'ont donné à manger et quelqu'un est venu me chercher pour faire le tri dans ma sacoche et commencer à me faire faire des examens divers: tirer mon lait, me faire tâter les seins, prise de sang, etc. Quand je marchais pour revenir au poste principal, j'entendais ma mère parler dans la salle d'attente. Ça paraissait tellement vrai, que je la cherchais et que je disais à mon père qu'il me faisait une très bonne blague de la cacher. Il me répétait qu'elle n'était pas là et je me souviens m'être dit: "Ça y est, je suis devenue folle !" Quelqu'un nous a ensuite annoncé qu'ils allaient me garder pour la nuit...


Cassandra


Pour voir la Partie 1, c'est ici.

Pour voir la Partie 2, c'est ici.




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.


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