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Histoire de naissance (partie 2)



Le trajet en ambulance a été extrêmement souffrant. Il m'a paru beaucoup plus long que quelques minutes. La douleur et l'anxiété étaient dans le plafond. Je ne savais pas ce qui allait arriver. Vous devez comprendre que je souhaitais accoucher naturellement et, qu'à ce moment-là, je voulais seulement que mon bébé sorte au plus vite parce que je n'en pouvais plus. La douleur était insupportable. Je criais que je voulais une césarienne et que je voulais qu'on me pique pour que je ne sente plus rien. J'ai finalement eu l'épidurale et j'étais enfin soulagée. Mon médecin m'a examinée et a réussi à tourner le bébé. Tourner le bébé ? Comment ? Je ne comprenais plus rien, mais je devais me concentrer à pousser.


Après 41 semaines et 3 jours de grossesse, 24 heures de travail dont 6 heures de poussées, j'ai expulsé mon bébé par moi-même et j'ai pleuré comme jamais j'ai pleuré dans ma vie. J'étais incontrôlable. Les larmes et les sanglots n'arrêtaient pas. J'avais réussi ! Je ne croyais pas ce qui venait d'arriver et je n'en revenais pas que ce bébé soit le mien. Je l'ai couché tout contre moi et il s'est mis à chercher un sein. J'ai allaité et je me sentais tellement bien à ce moment précis. C'est indescriptible. Je me sentais heureuse et comblée.


Le lendemain, nous avons eu la visite de mon père et il était aux anges de tenir son premier petit-fils dans ses bras. On lui a raconté les dernières heures et je ne pouvais m'empêcher de pleurer à chaudes larmes. Mon père me demandait si j'allais bien et je lui disais que tout était correct. Je suis sensible à la base comme personne, alors je me disais que c'était normal.


Le retour à la maison s'est bien déroulé. Il faisait chaud, alors on restait au frais dans notre appartement. On a pris le temps de donner de nos nouvelles à notre famille et à nos amis proches et on écoutait des films ou des séries quand notre coco dormait. J'en profitais aussi pour tirer mon lait pour faire des réserves. Mon souhait était aussi de donner du lait maternel à Héma-Québec puisque l'allaitement allait vraiment bien.


Quelques jours plus tard, j'ai commencé à avoir pleins d'idées qui se bousculaient dans ma tête. Tellement que je devais noter certaines choses sur des petits blocs-notes pour ne pas les oublier. J'avais souvent mal à la tête et je dormais de moins en moins. Je faisais du ménage la nuit au lieu d'aller me reposer. Mon cerveau n'était pas capable de s'arrêter et je ne ressentais pas la fatigue. J'étais certaine que j'étais victime de la charge mentale. Mon conjoint se levait le matin et j'avais fait son déjeuner et j'étais pleine d'énergie.


Il a commencé à se douter que quelque chose n'allait pas quand je lui ai dit qu'on devait s'acheter un billet de loterie parce qu'on allait gagner et qu'on allait devenir millionnaires. En plus de cela, je lui ai même dit qu'on devait apporter toutes les choses reliées à l'accouchement avec nous pour nous porter chance. J'ai aussi mentionné que j'allais choisir les numéros reliés à la naissance de notre garçon, donc les multiples de 7 alors qu'il est né le 7 juillet (07-07). Savez-vous le pire là-dedans? C'est qu'on a vraiment fait tout ça ! Imaginez la tête des gens autour ! Moi, je ne voyais rien de tout ça parce que j'étais concentrée à accomplir ma mission.


Ce que j'ai su plus tard, c'est que pendant que je préparais mon plan, mon chum a appelé mon père pour lui dire que ça n'allait vraiment pas. Il lui a conseillé de m'apporter au CLSC le lendemain pour qu'on m'évalue. J'ai donc raconté à l'intervenante ce qui se passait et mon chum et ma mère (qui était avec nous pour m'aider au début) aussi, puis ils ne m'ont pas gardée.


L'intervenante a cru mon histoire de charge mentale. Ma mère et mon chum étaient découragés, car ils savaient qu'il se passait réellement quelque chose...


Cassandra



* Pour voir la Partie 1 de l'histoire, c'est ici.




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.



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