• Andréa Maheux

Handicap: un si mauvais mot ?


Lorsqu’on voit quelqu’un en béquille, avec un plâtre ou en chaise roulante, on le sait que cette personne est blessée. Ça se voit, on ne se pose aucune question.

Lorsqu’on voit une madame avec un chien-guide, on comprend instantanément que cette personne a un trouble de la vision.

« Ah ouais, elle est aveugle ».

C’est inné comme déduction. Mais lorsqu’on voit une madame avec un chien d’assistance psychiatrique, ce n’est pas toujours évident et on peut parfois éprouver un air de recul, sombrer dans l’incompréhension.

Pourtant, l’handicap est bel et bien là.

Sauf qu’il est invisible.


Il y a tellement de différents troubles et maladies mentales : trouble de la personnalité limite (TPL), trouble d’anxiété généralisée (TAG), trouble panique (TP), trouble de stress post-traumatique (TSPT), trouble obsessionnel compulsif (TOC), trouble de l’attachement (TA), ect. Je ne saurais tous les nommer, car il y en a tellement que ça me prendrait un doctorat pour rédiger la liste, les comprendre et les détecter.

Ce sont toutes des étiquettes qui ne sont pas imprégnées au visage du passant dans la rue, de la caissière au supermarché ou de ton professeur de sociologie.

J’ai eu un fémur fracturé et je peux te dire que ça fait un mal de chien, un mal indescriptible, mais que, contrairement à certaines douleurs, la souffrance passe.

D’autres perdurent même « si le temps «est censé» arranger les choses ».

Je combats chaque jour contre une bête plus forte que nature. Je pense qu’elle commence à me vaincre.

Je suis sans cesse prise entre cette envie de mourir et celle de vivre.

Sans cesse au bord du gouffre.

Récemment, je me suis retrouvée dans le néant à courir sans avoir nulle part où aller. Il y avait beaucoup trop de directions inconnues, de routes pénibles sans fin. Les quartiers furent déserts, mes cris me revenaient en écho. J’étais plongée dans un profond brouillard et je sentais que mon corps se dissociait un peu plus de mon esprit chaque seconde.


Après tout, le mot handicap n'est pas si mauvais. Il a une connotation négative, car on en a décidé ainsi. Être handicapé, ce n'est pas être infirme. Nous sommes ni supérieurs, ni inférieurs. On a seulement des obstacles supplémentaires, mais on devrait être traité comme n'importe qui d'autre, seulement avec des accommodations pour nous aider à retrouver le rythme.


Je suis un adulte et j’apprends pourtant encore à marcher

- Andréa






*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'