• Laurie

Le jour du diagnostic

Mis à jour : nov. 22

Je me souviendrai toujours de cette nuit-là, comme une image gravée dans ma mémoire. Bien sûr, mon copain de l'époque et moi, on venait de se chicaner... La dispute de trop pour moi.


Je n’en pouvais plus. À deux reprises en moins de douze heures, j’ai demandé à des amies de m’amener à l’hôpital. Je ne sais pas pourquoi l’hôpital, j’avais juste vraiment besoin d’aide et je ne savais pas vers qui me tourner.


Ce n'est seulement qu'à la deuxième visite qu’on m’a prise au sérieux. C’est peut-être aussi parce que je leur ai dit «je ne veux pas mourir, mais je ne peux plus vivre comme ça non plus, plongez-moi dans le coma». On m’a rapidement amenée en psychiatrie. Étendue sur une chaise longue, j'étais complètement détruite, en 1000 morceaux.


Tôt le matin, mon amie a dû quitter pour le travail. Je ne voulais tellement pas rester seule dans cet endroit, et j'avais honte d'y être en même temps. Je n'avais pas osé jusque là, par peur de la décevoir, mais j'ai appelé ma mère. À 5h du matin, il n'y a pas grand monde que tu peux appeler et qui vont te répondre assurément. Moi, j'avais juste ma mère.


- Maman ? Je suis à l'hôpital... en psychiatrie.


- Je sais c'est où. Je m'en viens mon bébé blanc.(Ne pas y voir aucune connotation quelconque, ma mère nous appelait "mon bébé blanc" ou "mon bébé bleu" quand on était jeune enfant)


J’avais tellement besoin d’elle. Elle est arrivée à la vitesse de l’éclair, mais avec toute la douceur et la compassion d’une maman. Plus rien ne pouvait m’arriver. J'ai su cette journée-là que je pourrais toujours me confier à elle, qu'elle ne me jugerait jamais, au contraire.


Puis vite, j’ai rencontré la psychiatre. En moins de 30 minutes, le diagnostic était tombé. Bien honnêtement, je m’en foutais. Je voulais juste un nom sur ce que j’avais.


Ce sont les jours qui ont suivi qui ont été «rough». Je devais expliquer ça à mon chum, alors que je n'étais même pas certaine de me comprendre moi-même. Comme on s’habitue à tout, j’ai fini par avaler ma pilule assez vite. Et avec le recul, je peux dire que ce fut un grand soulagement. Enfin, je pouvais commencer à m'outiller, à travailler sur moi-même et à être plus heureuse.


Le 25 novembre 2017, j’avais une étiquette de plus. Mais les étiquettes, c’est à nous de décider ce qu’on fait avec ça. Moi, j'ai décidé de m'en servir pour faire du bien.


Laurie.


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