• Kayssie

Game over!

J'ai pourtant suivi la marche à suivre. Bonne citoyenne respectueuse, employée dévouée, amie fiable et d'agréable compagnie... et j'en passe. Est-ce trop demandé de vouloir une vie abondante? Je pensais pourtant avoir été claire dans mes souhaits. Rien d'extravagant ou de tiré par les cheveux. Oui, je suis marginale. Je me demande si un quotidien ''standard'' me ferait sentir libre et épanouie. En fait, j'en doute de plus en plus. Mais je croyais que c'était relativement facile de savoir quelle direction prendre et que les obstacles ne se présenteraient pas à travers chacune de mes décisions. Je fais face à ma deuxième crise existentielle de la trentaine. Sauf que cette fois-ci, ma batterie est à moitié vide.

Vous connaissez assurément le classique québécois ''Mille après mille'' où il est question de chercher le bonheur et l'amour. On pourrait dire que c'est le reflet de ma situation. En 2017, lors de ma première quête, je me suis retrouvée en Nouvelle-Zélande seule sans billet de retour. Je voyais ce défi comme l'occasion parfaite pour trouver des réponses et revenir chez moi le coeur plein de souvenirs et d'espoir. Malheureusement, c'est plutôt de la déception qui occupait cet espace en moi. Il n'y a aucune ''chasse aux trésors'' qui s'entame par elle-même. C'est comme si par cette initiative, puisque je sortais énormément de ma zone de confort, j'avais l'attente que le reste viendrait naturellement. Au final, il m'a fallu parcourir 15 000 km pour réaliser que les réponses se trouvent si près : en moi. Le problème est de savoir décoder les messages et distinguer ce qui vient du rationnel et de l'intuition.


Avez-vous déjà eu le sentiment que votre petite voix intérieure ne vous apportait pas dans les bons sentiers? Et que votre tête vous freinait dans l'accomplissement de vos projets les plus chers? De la déception, j'en ai vécu plus souvent qu'à mon tour. Et à force de croire que, peu importe la direction prise, un échec nous attend au détour, la confiance en nos ressources intérieures se fait de plus en plus discrète. Il vient même un temps où nous sommes paralysés, comme si le pouvoir d'être maître de notre vie s'était volatilisé.


Au fond, je suis mitigée entre mon désir de fonder une famille, en d'autres termes avoir une petite vie rangée, et celle de voyager avec mon partenaire de vie (celui qui tarde à venir d'ailleurs), pouvoir travailler peu importe où dans le monde, et finir par s'installer dans une mini-maison écologique loin de la ville. Je sais que je devrai, dans les deux cas, faire des sacrifices. Et en fait, je ne suis à l'heure actuelle pas encore fixée sur quelles concessions seront les moins inconfortables à long terme.


Pour ceux qui n'ont jamais vécu de remise en question persistante, il est difficile de percevoir la souffrance qui en dégage, puisque souvent on attribue les combats de vie à des événements traumatisants, à des deuils, etc. Je peux vous assurer que le bien-être mental en est tout autant affecté. Il s'agit de remettre en question sa vie de A à Z, rien de moins. Nous créons automatiquement un circuit complexe de réflexions afin d'élargir notre perspective. Au départ, on se dit que la bataille en vaut la peine, mais on ne peut pas vraiment se préparer à tout ce qui en découle par la suite. Parfois, on va jusqu'à se demander pourquoi nous sommes nés dans cette famille, avec ses parents et ce fichu défaut de fabrication (maladie mentale ou physique).


J'aimerais vous laisser sur une note positive, un beau conte de fées qui se termine bien, mais ce dilemme interne fait encore partie de mon présent. La seule chose sur laquelle j'ai de l'emprise présentement, ce sont mes pensées. Mon psychologue me l'a souvent dit : « Faire preuve d'introspection est idéal, et certaines personnes n'en manifeste aucune. Toi, tu réfléchis trop. Laisse en un peu aux autres et soit indulgente envers toi! » Alors voilà, je dis GAME OVER pour l'instant, mais je compte reprendre la partie une fois la batterie rechargée.


- Kayssie


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