• unetempetealafois

Et si tu tombes 7 fois...

C’est aussi ridicule à dire que ça en est vrai. Je suis tombé une fois de plus. Je me suis planté. J’ai réagi de la mauvaise manière. Je n’ai pas respecté mes engagements. Je me suis encore détesté. Je me suis craché dessus, auto-dévalorisé et autoflagellé au passage. Je me suis encore permis cette « impermissible » permission: je me suis laissé envahir par la noirceur infinie jusqu’à ne plus y voir. Et ce matin au réveil, je n'ai de résultats que ces marques laissées sur mon visage et des milliers de messages de mon nouvel employeur qui cherche à justifier mon absence.


Certains le mettront en mots et d’autres le cracheront comme du venin: dans la société d’aujourd’hui, on ne donne plus droit à l’erreur à l’homme que nous sommes. Cet homme fort, autant valorisé par les Dieux grecs que lapidé par les plus grandes féministes de ce monde. J’ai longtemps adhéré à cette pensée pessimiste, ce cahot entourant le non-droit à l’erreur, mais aujourd’hui, j’en retire une vérité bien différente.


Je vous dirai donc: quelle foutaise!


Ce n’est pas la société qui nous dirige vers ces pensées spécifiques. Nos pensées nous sont propres. Elles nous définissent en tant que personnes, et les autres les influencent selon le niveau que nous laissons nous-mêmes les influencer. Je suis malade, cela va de soi, et cette maladie déforme mes pensées et me les ramène avec une perception unique et négative ne me permettant plus de prendre des décisions éclairées. On appelle ça des distorsions cognitives. Rien de magique, tout ce qu’il y a de plus vrai, mais intangible, invisible, insensible, donc essayez de le faire comprendre à votre entourage lorsque vous êtes en pleine crise!


Mais ce n’est pas la société qui m’a fait tomber à nouveau. C’est moi-même. Parce que ce corps m’appartient pleinement et les pensées qui l’accompagnent aussi. J’ai le droit d’en faire ce que je veux. Je suis le seul conducteur de ce train et si je décide demain matin que je le fais sortir des rails, j’en serai le seul responsable.


Le problème dans notre société, ce ne sont pas les images que l’on veut bien nous présenter. C’est ce que l’on fait de ces images dans notre propre pensée. Pendant longtemps, j’ai voulu être grand. J’ai mis tous mes efforts à avancer dans la société pour devenir une personne que je n’étais pas. Quand je suis arrivé au sommet, je me suis rendu compte que ce n'était pas ma place et ce fut le début de ma longue et lancinante chute libre. Et les pensées qui l'accompagnaient alors: Je suis petit. Je ne vaux rien. Parce que l’homme n’a pas le droit de tomber, lui. L’homme qui tombe ne se relève jamais aux yeux de la société. L’homme qui tombe est un lâche. L’homme qui tombe sera à jamais pointé du doigt.

Pourquoi?


Parce que cet homme, celui que je suis, va lui-même se pointer du doigt et les autres ne feront que le suivre. Parce que l’on devient bien ce que l’on veut devenir. Et les autres nous reflètent ce que l’on dégage. Aujourd’hui, je suis tombé. Parce que la pression dont j’ai laissé peser le poids sur mes propres épaules a fini par dépasser mes propres capacités mentales.


Le résultat? J’ai vidé ma frustration sur moi-même et sur les murs. Je ne suis pas allé travailler, je n’ai pas avisé mon patron et j’ai encore taché le peu de couple qui me

reste. Pourquoi? Bêtement parce que j’en ai plus qu’assez d’avoir à justifier sans cesse mes bêtises. Alors j’ai menti et j’ai dit oui au lieu de mettre mes limites. Parce que la société ne m’accepte pas comme je suis, parce que JE ne m’accepte pas comme je suis. Je pense que mes limites ne seront pas bien perçues, mais au bout du compte, ne pas les avoir mises crée d’autant plus de désolation à mon égard.


Alors j’ai fini par texter mon patron qui s’inquiétait. Normalement, j’aurais trouvé une raison, mais comme j’ai fini par annoncer la mort de tous les membres de ma famille, des raisons, ils n’en restent plus beaucoup dans le placard. Alors je me suis dit: assume-toi mon grand.


“Cher patron, j’ai fait une crise d’anxiété. Ça m’a pris plus que la journée à la contrôler. Tu peux dire que je suis névrosé, que je prends de la drogue ou que je suis alcoolique (parce qu’avec le temps, on en entend des bêtises!)... Ce n’est rien de tout ça. Je fais de l’anxiété, que la société ne l’accepte ou pas. Aujourd’hui, je décide que je m’accepte.”


Et vous savez quoi? “Pas de problème! Je comprends parfaitement bien! J’avais peur que tu n’aimes plus ton emploi et que tu veuilles nous quitter. Pour être honnête j’étais très inquiet pour toi. Prends du temps pour toi et on se reparle demain. Nous regarderons ensemble comment établir tes limites pour ne plus que cela ne se reproduise…”


Arrêtons de croire que tous les êtres humains qui accompagnent nos vies ne sont que des êtres de jugement portés par une société. J’en ai eu la preuve aujourd’hui. Les deux derniers jours ont été encore une fois merdiques et j’ai toujours cette impression que je ne passerai jamais au travers. À la différence que pour une fois, je ne penserai pas au regard de cette société; regard que je crée et que je déforme moi-même.


Et le plus important dans la maladie, ce n’est pas de focaliser sur le nombre de fois ou sur le comment j’ai réussi à mettre dans l’embarras une fois de plus. C’est de voir ce que j’arriverai à apprendre de cet échec pour l’avenir.


Parce que si tu tombes sept fois, le plus important c’est d’en venir à te relever huit fois!



- Pat -

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