• Kayssie

Et si je pourrissais par en dedans?

Elle a un goût amer et particulier sur la langue, comme si son esprit avait conçu un aliment unique qui représentait sa souffrance. Parfois, celui-ci se présente intact en surface, mais ce qui se cache en dessous est en processus de putréfaction. Un peu comme un champignon qui envahit une souche d'arbre, certains peuvent être mortels lorsqu'ingérés. Son âme est envahi par un parasite.



Imaginons un instant qu'il y ait une radiographie détectant la détresse. La science aurait raison...et beaucoup plus de gens la prendrait au sérieux. Pour la plupart, je ne vous surprendrai pas en vous avouant qu'on réfère à des ressources d'aide les personnes lorsqu'elles tentent de s'enlever la vie. Car ce geste provient d'un envie irrépressible de faire cesser cette douleur qui est devenue insupportable. Pourtant, ils ont pourtant envoyé plusieurs signes, entamé plusieurs démarches. Ce n'est JAMAIS une banale recherche d'attention. C'est TOUJOURS lié à une souffrance. Et avouons-le, il y a 1001 méthodes plus agréables pour être sous les projecteurs.


Ont-ils cogné aux bonnes portes? Assurément pas toujours.

Ces signaux de détresse ont-ils été adéquats? Non, parfois même assez violent.


Qu'on se le tienne pour dit, les menaces, les tentatives, l'automutilation...c'est frappant, mais à l'aide de méthodes plus douces, ça ne ''frappe'' pas suffisamment pour que les gens portent leurs regards en direction de la détresse. L'entourage fait au mieux avec ce qu'ils ont comme indices, et comme capacités. Il ne faut pas en vouloir à ceux qui ne savent pas comment l'aborder, et de quelle façon s'y prendre pour trouver les bons mots. L'important c'est la survie des organismes en prévention du suicide qui peuvent outiller la population.


J'en conviens, lorsqu'on est à bout de ressources, et qu'on regarde impatiemment notre calendrier à la recherche de la date de péremption de ce mal de vivre, nous devenons sélectifs sur le choix des mots. Un silence, un regard compatissant, un moment de qualité passé avec la personne ont plus de valeur que des « Ça va passer » , « Appelle-moi quand tu veux » , « Tu es fait plus forte que ça ». Pas vrai?


De là, ces personnes ont envie de répondre impulsivement :


« En attendant que ça passe, je vis l'enfer! »


« Certains jours je n'oserai pas t'appeler, j'aimerais que toi tu le fasses, par inquiétude et non par obligation. Et quand je le ferai en prenant mon courage à deux mains, ne me dit pas que tu es occupée, car ce sera peut-être la dernière fois que j'essayerai. »


« Non justement, je ne suis pas forte présentement. J'ai les deux genoux au sol. »


Le message à retenir est que personne n'est coupable face à ce fléau. L'humain cherche par défaut une cause et un fautif à toutes circonstances ou états, mais la solution se trouve souvent dans le présent, pas le passé. La pandémie, selon moi, aura certainement apporté un retour aux sources pour bien des gens, soit de chérir ceux pour qui nous éprouvons de l'affection et de le leur signifier différemment qu'à l'habitude. Au fond, l'amour est le remède à bien des maux, même ceux de l'âme.


Bien à vous,


Kayssie

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