• Christina

Et dans ma tête à moi !

Mis à jour : juil. 22


Aujourd’hui, pour mon article, je m’inspire d’un album jeunesse que ma fille a bien aimé, et du coup, moi aussi. « Et dans ta tête à toi? » de Marco Jaume, des éditions Alice.


Ouf… Alors, dans ma tête à moi, il y a constamment des pensées intrusives. Je dois me battre continuellement contre ces pensées. II n'y a pas un moment où mon cerveau ne pense pas à quelque chose. Et ce, "quelque chose" est très souvent négatif. Je fais beaucoup de distorsions cognitives: exagérations, dramatisations, pensées "tout ou rien", exigences démesurées, généralisations, anticipations négative de l'avenir, etc. Il m'est encore très difficile de me sortir de ces cercles vicieux.


J’ai souvent des inquiétudes excessives sur n’importe quoi. Je me fais alors plein de scénarios catastrophiques. Par exemple : « Ah ça fait longtemps que mon chum pellette, il doit avoir fait une crise cardiaque » ou encore, « Ça fait longtemps qu’il n’est pas revenu des toilettes (en camping), j’ai vu un gars louche tantôt près de là, il a dû se faire attaquer. »


Je ressens un sentiment presque permanent de panique en moi. Je me réveille souvent la nuit ou le matin en sursaut le cœur battant à 100 milles à l'heure pensant qu'il y a une urgence à régler. Mais non, il n'y a absolument rien. Mon corps et ma tête sont constamment en hyper-vigilance. En hyper-vigilance d'une possible urgence à régler. Je dois donc prendre ma journée entière à calmer cet état de panique en moi. Certaines journées, j'y arrive, d'autres pas. Et même si j'y arrive, le lendemain matin, c'est à recommencer, et ce, à tous les jours.

Depuis plus de 25 ans, je nie carrément et je minimise mon trouble d’anxiété généralisé (TAG). Pendant très longtemps, même trop longtemps, je ne voulais pas avoir ce trouble. Je l’ai très longtemps caché à mon entourage. Je l’ai bien enfui à l’intérieur de moi. Mais malheureusement, ça me rattrape continuellement. Après m’être faite évaluée et diagnostiquée tout récemment par une neuropsychologue un TDAH, je me suis fait « à croire » que c’était ça, juste ça. Beaucoup plus acceptable dans notre société maintenant, dû aux nombreux cas médiatisés. Alors, je me suis dis : « Fuck les antidépresseurs, ce n’est pas de ça dont j’ai besoin, ce sont des médicaments contre le TDAH qu'il me faut.» Après une rechute assez importante (idées suicidaires) amenant une autre évaluation plus poussée par un psychiatre, un nouveau diagnostic s’ajoute : TPL : trouble de personnalité limite. Là encore, après avoir travaillé très fort sur ce nouveau diagnostic et même vu de belles améliorations, je voulais encore nier mon TAG.


Mais en ce 6 mars 2020, 26 ans après ce premier diagnostic, et encore beaucoup de souffrances reliées à ce trouble, je dois me l’admettre et cesser de me battre contre ça...j’ai un trouble d’anxiété généralisée. Je ne peux plus le camoufler ni le cacher à personne et encore moins à moi-même. Je suis essoufflée. Je dois être bienveillante envers moi-même. Arrêter de me taper sur la tête parce que je ne suis pas capable de suivre comme les autres. Je dois reconnaître mes limites. En fouillant dans mes vieilles notes, j'ai relu que mes douleurs musculaires et ma fatigue chronique font partie des critères pour avoir un TAG. Alors il ne me sert à rien de me traiter de "faible". Je me souhaite de la douceur envers moi-même.


Et si, dans ma tête à moi, il y avait plein de couleurs vives, des pensées joyeuses et de beaux paysages apaisants?


Christina.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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