• La fougueuse

Dur retour à la réalité

Mis à jour : mai 21


Comme seule sur un banc face à ce lac, je contemple ma vie en me demandant ce qui ne tourne pas rond avec moi. Qu'est-ce qu'il me faut de PLUS pour enfin être heureuse? Le mot-clé ici est PLUS, parce que dans ma vie, dans ma personne, dans mon monde, jamais rien n'est suffisamment ASSEZ. En vouloir toujours plus, encore et encore, mais plus de quoi au fait? Soyons réaliste ici pour un moment, j'ai un copain attachant et à l'écoute (quand tu vis avec des problèmes de santé mentale, tu ne peux pas demander plus, ah oui, sauf si tu as un TPOC), j'ai décroché un nouvel emploi cet automne avec un bon salaire, je retourne à l'école à distance, ma thérapie avance bien. Une seconde, j'énonce encore une fois ici que des choses en lien avec la productivité, mais qu'en est-il de mon for intérieur?


Pour être franche avec vous, j'ai pris un certain temps à organiser mes idées pour vous écrire cette semaine. Parce que dans un cerveau anxieux, il y a toujours une très longue liste d'inquiétudes et de choses (qu'on croit) qui ne vont pas. Je dois avouer que cette semaine est ni plus ni moins très difficile émotionnellement. Je l'avoue, j'éprouve beaucoup de difficulté avec les transitions. Le retour de vacances pour moi est assez éprouvant. Surtout avec ma montagne d'inquiétudes pour ces quelques jours seule (mon copain vient de partir pour sa semaine de travail à l'extérieur), à avoir tout mon temps pour ruminer des scénarios catastrophes. Des vacances c'est bien, mais loin de la thérapie, je sens que j'avais le plus grand besoin de cette session ce matin pour remettre les pendules à l'heure.


Le plus dur pour moi (je vous écris ceci non sans un serrement dans la gorge) ce matin, ce fut de dire tout haut que malgré ce que je me fais croire à moi-même, au fond de moi, je ne me sens pas à mon maximum. J'avais arrêté la médication il y a de cela quatre mois. Croyez-moi ce fut un réel calvaire la réaction physique à l'arrêt, je me suis accrochée à tous ces efforts pour poursuivre cette démarche, les premières semaines ont été atroces mentalement, donc après cela je pense que n'importe quoi aurait semblé bien à côté des montagnes russes que je venais de vivre. Bref, ce que j'ai réalisé ces derniers temps c'est que le fait d'arrêter la médication ne va pas effacer ce que je vis, ne va pas faire en sorte que ma famille va davantage accepter ma situation (Arrêter la médication et ne pas aller si bien, est-ce tant une fierté finalement?), ne va pas miraculeusement faire disparaître mes problèmes de santé mentale ou les enfuir loin quelque part. Je peux tout au plus que sauver les apparences en disant que l'arrêt de médication se passe bien, mais au final c'est pas mal les seuls résultats que je récolte en ce moment.


Avoir les autres qui nous renvoient notre propre image ou une image d'une personne qu'on devient et qu'on ne veut pas être, nous ouvre les yeux vous savez. Au fond, la première personne qui doive vraiment te valider c'est toi-même. Si les autres autour de toi le font par la suite, c'est encore mieux, mais cela ne reste pas nécessaire si à priori tu t'acceptes et t'assumes pour qui tu es. N'aie pas peur de qui tu es (venant d'une grande perfectionniste, je sais que c'est un défi constant), de montrer qui tu es (oui c'est difficile en général, mais on peut tous y arriver), de montrer que tu es vulnérable et que tu as besoin de support supplémentaire (ouf, le défi ultime mais atteignable), parce qu'au final, c'est toi qui vit avec les conséquences de tes choix.


La fougueuse.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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