• LMM: Elle aime même

Du conte de fée au drame psychologique - Partie 2

Je vous ai parlé dernièrement (https://www.unetempetealafois.com/post/du-conte-de-f%C3%A9e-au-drame-psychologique-partie-1)de ma relation qui avait débuté par un conte de fée extraordinaire où j’avais rencontré mon prince charmant qui me couvrait d’attentions et de cadeaux au début de notre relation. Cette histoire a duré plus d’une dizaine d’années. Le début romantique a fait lentement place à une réalité de moins en moins féerique.

J’ai commencé à m’apercevoir que ma relation amoureuse avait quelques lacunes lors de nos premiers accrochages, car le gentil prince ne voulait jamais régler nos différents et s’enfermait dans sa tour lorsque quelque chose ne faisait pas son bonheur. Moi qui est une grande anxieuse, je vivais très mal ces moments, car je voulais que tout se règle et je ne comprenais pas comment on pouvait faire vivre des jours entiers de distance et de «boudage» à une personne qu'on aime. J’en arrivais même à croire, par ses manipulations, que c’était moi qui avais tort et que je devais m’excuser pour qu’il redevienne gentil. Ensuite, tout redevait normal et le conte de fée continuait. J’ai vécu ce genre de situation un nombre indéfinissable de fois et cela diminuait la confiance en moi à chaque fois. Mon estime descendait et je me questionnais souvent pour savoir de quelle façon je pouvais m'améliorer pour ne plus vivre ce genre de situation.


Après moins de deux ans de vie commune, il a fait une première tentative de suicide. Une fois revenu à la maison, il m’a dit que j’aurais dû voir ses signaux d’alarme et mieux le soutenir. Pourtant, les gens qui me connaissent depuis très longtemps savent que je suis empathique et à l’écoute des autres, mais il avait réussi à m’ancrer cela dans la tête…J’étais tellement démolie et ma santé mentale et physique en ont pris un dur coup. Je me sentais seule au monde, car je ne voulais pas que les gens sachent dans quel univers malheureux je vivais…les apparences sont souvent trompeuses vues de l’extérieur d’une relation…

Nous avons eu ensuite un enfant que j’aime par-dessus tout. Je me levais chaque nuit pour l’allaiter même si lui travaillait de nuit et que j’étais seule avec elle et mon autre enfant que j’avais eu d’une première relation. Lorsque je demandais quelques heures pour moi, c’était souvent comme si je demandais la charité. À partir du moment où nous avons eu un enfant, j’ai senti les murs s’approcher de moi et à me sentir emprisonnée. Chaque fois que je sortais avec des amis, je vivais des reproches et j’ai découvert, par la suite, qu’il était jaloux de ces relations que j’avais avec les autres…il exerçait son contrôle sur moi en me faisant payer chacune de mes sorties. J’ai donc diminué mes sorties afin de ne plus vivre ses interrogatoires et ses sautes d’humeur. J’inventais toutes sortes d’histoires à mes amis pour ne pas qu’ils s’aperçoivent dans quel enfer j’étais.

Le pire n’a pas été de m’éloigner de mes amis, car j'arrivais quand même à socialiser sur mon lieu de travail. Le pire a été de perdre ma famille…Il passait son temps à rabaisser tout le monde, mais plus particulièrement ma famille. Il a finalement réussi à me mettre dans la tête que mes parents étaient nocifs pour moi et je les ai finalement rejetés…rejetés par amour ou par peur, car je ne voulais plus de confrontations avec lui. J’étais complètement perdue… et le pire c’est que je croyais dur comme fer que j’en voulais à mes parents! Mes parents sont un modèle de fidélité et d'amour pour moi, alors je regrette encore beaucoup cette souffrance que je leur ai faite endurer lorsque je les ai rejetés.

Lors d'un rendez-vous de routine chez mon médecin, j'ai parlé de mon manque d'énergie, de ma tristesse et de l'anxiété qui m'envahissaient…Je faisais des crises d’anxiété, alors j’ai commencé à prendre de la médication. Ensuite, j’ai commencé à voir une psychologue. Durant les rendez-vous avec ces deux spécialistes, la même question revenait : «Penses-tu que tu devrais laisser ton conjoint?» Je pleurais et je n’arrivais pas à répondre. Ma psychologue m’a donné un livre à lire. J’ai eu une grande claque lorsque j’ai réalisé, durant cette lecture, pendant les vacances d’été, que j’étais dans une relation toxique avec un pervers narcissique. Après moins de 50 pages, j’ai refermé le livre, car je venais de prendre conscience de ma vie et de ce qu’il me restait à faire. Là le déclic c'est fait dans ma tête. J’étais sous le choc! Moi, la fille avec du caractère qui était tombée dans le panneau d'une relation destructrice! Je devais agir, mais comment? Je savais pertinemment qu’il me ferait vivre la pire des séparations. Mais je devais passer par là si je voulais que mes ailes s'ouvrent à nouveau pour me sentir libre de vivre avec légèreté.


Deux ou trois mois après, le jour est arrivé où je ne pouvais plus reculer et c’est à partir de là que ma descente aux enfers à continuer et, au même moment, que j'ai commencé à revivre.


Je vous raconterai bientôt l'histoire de la libération de ma prison...à suivre!


-LMM.

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