• Kayssie

Donner un sens à ce que tu vis


La vie est un continuum où se manifestent aléatoirement triomphe, échec, bonheur, succès, deuil, perte, amour…


Certains, plus que d’autres, seront forcés d’admettre que cette vie leur est plutôt favorable.  À défaut de pouvoir anticiper la direction vers laquelle nous serons projetés, nous pouvons créer du bonheur au mieux de nos capacités et faire en sorte que chacune de nos actions soit orientée vers la bonne route.  Mais parfois, malgré toutes nos bonnes intentions et le potentiel qui émerge en nous, les circonstances nous amènent vers d’autres contrées.


Dans les moments les plus noirs, pendant lesquels notre esprit agité est assombri par la souffrance, nous perdons nos repères.  Nous essayons de suivre le courant, c’est-à-dire que nous nous efforçons d’être à la hauteur des exigences d’une société axée sur le travail, la performance et l’accomplissement exemplaire de nos rôles (parent, conjoint, ami, citoyen).


Mais un matin, tout bascule.  Nous réalisons alors qu’il nous est impossible de tout contrôler, de garder ce poids énorme sur notre corps maintenant fragilisé.


Devant le miroir, nous fixons ce visage alourdi par la fatigue.


« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

L’angoisse jaillit, le silence nous fracasse de l’intérieur.  Nous décortiquons chacun de nos souvenirs, à la recherche d’une faille, d’une erreur de calcul.

« Comment en suis-je arrivé là ? »


Les minutes, les heures filent.  Nous n’arrivons pas tout à fait à saisir le déclencheur, la source de cette confusion, de ce mal.  À force de chercher en vain, le temps devient provocateur et nous rend irritable, à bout de souffle.  Devant l’inconnu et le vide, nos défenses prennent le dessus.

« Je n’ai pas le droit de me sentir ainsi. Je refuse d’être faible. »

Nous croyons à tort que cette forteresse nous permettra de reprendre le dessus, de retrouver la joie de vivre et la motivation dans la poursuite de nos rêves.  Nous nous sentons ainsi forts et courageux; même notre entourage y croit.


Erreur. 


Au lieu de cela, ces pensées défensives nous projettent très subtilement dans un tourbillon d’émotions incontrôlables qui ne cessent de prendre de l’ampleur.  Au même titre qu’une vague, elle arrive toujours à frapper au bout de sa trajectoire.


S’empêcher de s’accueillir, d’accepter notre moment de faiblesse, est probablement un réflexe naturel chez l’humain.  Après tout, qui oserait lever le drapeau blanc et déclarer qu’il a perdu la bataille?  Entends-tu tes pensées qui parfois perdent le contrôle?

« Je dois être à la hauteur. Je dois tout contrôler. »

« Je ne m’exige rien de moins que l’excellence. »


Maintenant, STOP!  Cesse de te battre contre toi-même!  Je t’en prie, cesse immédiatement de te faire croire que « tu dois », car c’est uniquement ce que l’on nous a appris depuis la naissance.  L’important dans ce monde, est-ce uniquement de connaître les règles de politesse et de réussir des examens en tant qu'enfant, de fonder une famille, d'avoir un emploi respectable et de «posséder» mille et une choses une fois adulte?


N’est-il pas oppressant de laisser notre bonheur dépendre de ce qu’on nous incite à croire, sans jamais se poser de questions?


Fais-tu partie, toi aussi, de ceux qui y cherchent encore un sens?  Peut-on se permettre de souffrir, d’avoir un moment de faiblesse ou de remise en question?


Eh bien oui! Tout à fait!


Ce stade de ma vie, culminant et irréversible, où mon esprit a tourné et pendant lequel je me suis laissée le droit de pleurer, d’être anxieuse et de douter, ce fût un cadeau que je me suis fait. C’est ce qu’on appelle la maturité, la sagesse, la guérison.


Je me suis laissé le droit de tomber, de prendre une pause.  Ainsi, je crée les conditions me permettant de m’adapter à toutes ces nouvelles réalités.  Le cadeau dans tout ça?  Le soulagement d’avoir traversé ces épreuves par moi-même (ou d’avoir cherché de l’aide), de les avoir contemplées et finalement de les avoir transformé en apprentissage plutôt qu’en échec.

Sans zones de turbulences, je ne serais pas parvenue à apprécier et à savourer chaque instant de calme et de bonheur.  Il me serait impossible de pratiquer la gratitude si je n’avais pas vécu la perte.  Il me serait également inconcevable de bénéficier de tolérance sans avoir auparavant ressenti de la colère.  Je n’aurais nullement compris la pertinence de chérir les autres sans avoir traversé le deuil.  Et je serais probablement incapable de faire une différence dans la vie de quelqu’un si je n’avais jamais connu la souffrance.


Qui que tu sois ou quel que soit la nature de ce que tu as traversé,  je te dis humblement que la vie n’a de sens que si tu la remets en question et que tu te laisses le droit de la créer, sans la copier de quiconque. Accepte ce qui est et ce qui n’est pas. Tu as tout ce qu’il faut pour être maître de ta vie. Ta vie aura le sens que tu lui aura donné.

Je l’ai enfin compris.



Kayssie

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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