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Dépression

Cette perception noir sur blanc de ne pas être à la hauteur, de ne pas suffire frappe. Et elle frappe fort, jusqu’à ce qu’on veuille disparaître. Parce qu’après tout, pourquoi rester lorsque notre vie semble mener directement à l’échec. Une longue vie à échouer si près du but, à ne jamais atteindre complètement nos rêves.


Ce sont ces pensées qui nous frappent, jusqu’à ce qu’on veuille disparaître. Alors on se fait du mal, de toutes les manières possibles, pour tenter ironiquement de faire partir ce mal qui nous habite en permanence.


Pourtant, on maintient cette image de perfection qu’il est si important de projeter. Continuer de travailler, de sourire et d’essayer d’atteindre les standards de beauté toujours plus élevés. Ne jamais s’autoriser d’être vulnérable, surtout pas devant les autres. Mais dans notre intimité, une fois seul, plus rien n’est beau. Dans notre intimité, on étouffe, on pleure, on se fait mal jusqu’à ne plus rien sentir. Pourtant rien n’est libérateur, le mal revient toujours. Tout est noir, de plus en plus noir.



Puis quand on n'en voit plus le bout, deux options s’offrent à nous : demander de l’aide ou se laisser mourir. Et si on est vraiment à bout, on hésite.


J’ai hésité.


J’ai vécu ma dépression dans le plus grand silence, j’étais capable de continuer à travailler quelques jours par semaine, donc personne n’a rien vu. J’ai fait deux tentatives de suicide, 3 visites à l’urgence psychiatrique pour m’empêcher d’en faire d’autres. Ce n’est que quelques mois après que j’ai enfin demandé de l’aide, parce que finalement je voulais vivre. Le chemin est long et parsemé d’embuches entre le moment où on dit « j’ai besoin d’aide » et le moment où l’on guérit. Des doutes, des suivis psychologiques, de la médication pleine d’effets secondaires, l’opinion non sollicitée des uns et des autres. On devient facilement étourdi. On retombe facilement dans nos mauvais comportements. Et puis on s’en veut d’avoir rechuté, de s’être fait du mal, de vouloir s’en faire encore, de tout. Jusqu’à ce que soudainement, on se rende compte que nos idées noires ont sauté une journée, qu’il est encore possible d’exister sans cette douleur pendant quelques heures.


Puis on s’accroche à tout ce qui nous enlève cette douleur, même temporairement. Éventuellement la douleur revient moins souvent. Au fil des suivis psychologiques, des lectures que l’on fait et du travail sur soi, on se rend compte que les mauvaises journées sont de moins en moins fréquentes. Les idées noires sautent de plus en plus de journées, jusqu’à disparaître presque complètement. C’est là qu’on retrouve notre éclat et je te garantis, à toi qui hésites à continuer, que ce moment en vaut la peine. La journée où tu réalises que tu es de nouveau toi-même, où tu réalises que tu veux être là, ça en vaut la peine.


Et tu vas te rendre là, promis. Je ne peux pas te garantir que la vie est toujours belle, ce serait un mensonge, mais je peux te garantir qu’elle vaut la peine d’être vécue.


Anonyme.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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