• France P.

Comment tu es arrivée - partie 2

La semaine dernière, j'ai raconté le récit de mon accouchement, ou du moins, ce que j'en sais. Mais la suite est tout aussi importante.


L'après-accouchement. Ce moment où ton corps est ultra fatigué, que tu ne penses qu'à dormir, mais que tu réalises que ce n'est que l'anesthésie qui se dissipe et qu'il te faut revenir à la réalité. À ce moment-là, j'étais complètement perdue et tout ce que je demandais, c'était "où est mon bébé?" et "est-ce que je peux allaiter?". Trouver l'erreur dans ma logique.


À la salle de réveil, la seule chose que je me souvienne, à part le mal de coeur dû au fait que je n'avais pas mes lunettes, c'est d'avoir demander à allaiter le plus vite possible. Pourquoi? Parce que je venais de passer 9 mois à me faire dire que l'allaitement était nécessaire à la survie du bébé, que je me devais d'allaiter pour son bien-être. Mon désir d'allaiter est devenu un obsession. Ça a changé radicalement quand j'ai remarqué que mes seins ne produisaient pas de lait. J'ai désenchanté rapido presto à force de me faire réveiller la nuit par une infirmière pour tirer mon lait, car il n'était pas question de donner le biberon. Selon les infirmières aussi, je me devais d'allaiter.


Puis, est venue la cohabitation avec une autre maman qui venait également d'accoucher. Non. Non! Pu jamais! Faut dire que j'avais pogné le jackpot. La dame monopolisait le téléphone, donc ma famille devait appeler au poste des infirmières pour avoir de mes nouvelles. Il m'était impossible d'appeler, le téléphone n'était jamais libre. Elle parlait super fort, même au beau milieu de la nuit, ce qui réveillait ma fille. En plus, elle laissait des traces de sang sur son chemin vers la salle de bain et ne se bâdrait même pas de les essuyer. Ce ne fût pas les trois jours les plus reposant de ma vie. J'étais contente de quitter l'hôpital.

Retour à la maison. Apprendre à connaître cette petite bestiole et sa routine. Et la cicatrice. Ma fameuse cicatrice. Ma césarienne ne s'était pas bien refermée. J'ai donc dû passer quatre mois à faire changer une mèche et des pansements à tous les jours. Quatre mois à ne pas pouvoir soulever plus lourd que ma fille. Moins pratique quand tu dois déménager un mois après la naissance de ta fille.

Ma poulette dans sa première robe

On revient à l'allaitement. À la maison non plus, ça ne s'est pas bien passé. Zéro, niet, nada! Rien ne voulait sortir de là. Et plus j'essayais, plus ma santé mentale partait en vrille. "Je ne suis pas bonne, je ne peux pas donner la base à ma fille, je ne peux pas nourrir ma fille" ... Jusqu'à ce que ma femme, Lilly, prenne une bouteille et la mettre à la bouche de ma fille. C'est à ce moment là que j'ai compris que je faisais ce que je pouvais comme maman.


Un malheur n'arrive jamais seul. Malgré le biberon, ma fille se déshydratait. On a alors fait un petit tour au Children's Hospital pour mademoiselle qui a reçu une ponction lombaire, à 6 jours de vie. Encore une fois, j'étais détruite car je devais laisser ma fille seule à l'hôpital avec son autre mère. Moi, je devais partir pour faire changer ma mèche et mon pansement et ça me tuait. Je me sentais mal car je ne pouvais rester avec elle 24/7 comme toute mère devrait. Et je me tapais sur la tête pour l'allaitement qui ne fonctionnait pas. Si j'avais allaité, ça aurait sûrement pu empêcher tout ça.


Les premiers jours de ma fille ont été rough. J'ai appris à la dure qu'être mère n'allait pas être de tout repos, que j'allais devoir en prendre et en laisser beaucoup pour m'en sortir moindrement vivante mentalement. Car c'est à partir de cette journée de mai que j'ai commencé à entendre des voix, à halluciner, à être paranoïaque. La dépression post-partum qui s'en est suivi a bien failli me tuer.


Deux enfants, c'est ben assez. Et une chance que la grossesse et l'accouchement de petit homme a bien été!

Bonne soirée,

France P.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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