• France P.

Comment tu es arrivée - Partie 1

Mis à jour : juil. 11



Cette semaine, j’ai décidé de démystifier un peu ce qui a fait de moi ce que je suis, ce qui a déclenché ma schizoaffection. J’ai donc décidé d’aller sur le site de la clinique Mayo (une des cliniques les plus reconnues aux États-Unis) et j’ai scruté leur définition de la maladie. Elle est plus complète que celle de Wikipédia bien évidemment. J’ai aussi essayé de comprendre ce qui a déclenché mes crises et j’avoue que j'ai eu seulement à chercher un peu pour trouver.


Tout allait assez bien. Bon, ok, pas si bien que ça, car j'étais quand même dépressive à souhait, mais je n'entendais pas de voix et je n'hallucinais pas de mouvements près de moi. Tout de même, une petite personne est arrivée en 2010 dans ma vie.


En 2010, j'ai eu ma fille. Et avec elle, est arrivé aussi beaucoup de stress. Oh, je l'adore, ma belle puceronne! Mais 2010 ne fût pas une belle année pour moi. Mon mental était complètement à terre et fatigué. Et physiquement, je ne guérissais pas de la césarienne d'urgence subie à l'accouchement. Monétairement, je n'ose même pas en parler. Mes rentrées d'argent étaient inexistantes. J'ai dû piler en masse sur mon égo cette année-là. J'étais tellement heureuse quand ma mère arrivait avec une parcelle d'épicerie. J'allais enfin pouvoir manger autre chose que des pâtes à la margarine. (La margarine était moins chère que du beurre et dites-vous qu'il y a 10 ans, le beurre n'était pas aussi cher qu'aujourd'hui!)

À mon sens, cet accouchement, et ce qui en a suivi est l'élément déclencheur de mon trouble schizoaffectif. Voici pourquoi:


Je suis tombée enceinte très vite en début de relation. À l'époque, j'avais déjà 2 emplois pour arrondir mes mois et réussir à payer mon petit 1 ½ dans le quartier Pointe St-Charles à Montréal. Imaginez 2 adultes, dont une enceinte et toujours en nausée matinale, dans un appartement pas plus grand qu'un corridor. C'était de toute beauté! Pourtant, j'ai adoré cet appart. J'aimais moins les 2 jobs qui étaient à chaque bout de la ligne orange du métro.

Somme toute, la grossesse s'est bien passée. C'est l'accouchement qui a été le problème. Il fût précédé par 3 semaines de latence. C'est quoi la «latence» tu vas me demander ? Ce sont des fausses contractions qui sont aussi douloureuses que des vraies, mais qui ne servent à rien, à part de te faire mal et de t'empêcher de dormir. Si j'arrivais à dormir 3 heures par nuit, c'était ben beau. J'ai donc passé les 3 dernières semaines de ma grossesse complètement brûlée et en douleur pour rien.

Ma petite princesse à moins d'une journée de vie

Puis, est arrivée la date butoir de ce fameux accouchement. Le vendredi soir, j'en étais à 41 semaines de grossesse de faites (Ok kid, GET OUT!), mais aucun travail officiel n'était commencé. À peine quelques petites contractions, des vraies, enfin. Mais ça fait un mal de chien quand ton corps au complet se contracte et que toi, tu es déjà brûlée des dernières semaines.

Arrivée à l'hôpital, on me dit « Ben madame, vous n'avez rien de débuté, allez marcher.» J'ai donc écouté et je suis allée marcher, marcher, marcher et marcher encore. J'ai marché de 16h à 1h. Mon corps était épuisé et mon moral n'en pouvait plus. Et malgré tout ça, on ne voulait pas m'admettre à l'hôpital. Ma femme s'est alors frustrée. Moi ? J'étais «zone out» dans un petit coin en pleurant que je n'en pouvais plus.


À partir d'ici, l'histoire que je vous raconte, on me l'a racontée aussi. Moi, je me souviens seulement de quelques bribes ici et là.


J'ai officiellement été admise vers 2h du matin. Je n'étais pas encore prête pour la péridurale, donc l'infirmière a dû forcer mon col à s'ouvrir. Selon ma femme, ce n'était pas mignon à voir du tout. Je hurlais de douleur. Quelques temps après, j'étais complètement dans les limbes. Je me souviens seulement qu'on a descendu ma tête de lit et qu'il y avait plein de visages au-dessus du mien. J'ai reçu de la «nitro», car mon coeur était tellement bas qu'il était en train de s'arrêter. Ma fille, elle ? «Cool as a cucumber!» Le moniteur démontrait qu'elle était en pleine forme. Pas moi, pas du tout même. Je faisais de la fièvre. Je suis montée à plus de 40 degrés dans le temps de le dire. Selon ma Lily, je délirais complètement et je demandais à mourir, car je n'en pouvais plus d'avoir mal.


Ma femme s'est donc fâchée et j'ai pu enfin passer sous le bistouri. La seule chose dont je me souviens c'est de voir une tâche noire au-dessus de mon visage et de Lily qui me disait de me calmer, car notre fille était enfin là et que c'était elle, la tâche noire. Je ne me souviens de rien d'autre. J'étais totalement à l'ouest, ma tête avait décidé de rendre les armes et mon corps aussi commençait à abandonner la course.

Tout ça, ce n'est que le début du trouble schizoaffectif qui prenait doucement place...


Mon charmant parcours à l'hôpital et mon magnifique retour à la maison : À suivre...

Bonne soirée!

France P.

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