• Andréa

Coeur borderline

Mis à jour : août 27


Je veux seulement être à la hauteur, arrêter de tomber à chaque deux mètres. Je veux gravir les échelons, mais j’ai le vertige lorsque je regarde en bas. Je veux courir loin, affronter le futur avec entrain, mais le brouillard au loin me paralyse de la tête aux pieds.

J’ai la vision trouble, le cœur défaillant.

Je me sens tellement vulnérable, prête à briser à chaque bourrasque de vent, prête à faiblir au moindre changement.

Pourtant je me suis fait tatouée Be the change sur l’avant-bras.



Il faut croire que l’être humain est rempli de contradictions. Il convoite sans cesse ce qu’il risque de ne jamais atteindre. Il est en amour avec le danger. Il poursuit le ciel sachant qu’il ne pourra qu’effleurer les nuages du bout des doigts. Il peut passer une vie entière à chercher le bonheur, un trésor pourtant à ses pieds. Il n’arrêtera pas de chercher quelque chose qui lui effleure la main tant qu’il sera en vie. Et il n’y goûtera jamais pleinement.

Mais la nature humaine est comme ça. Et c’est beau de même.

Je suis remplie de contradictions que moi-même j’ai peine à démystifier. Je peux être triste et heureuse en même temps. Mes larmes coulant contre mes joues ne sachant si le plaisir s’éprend de moi ou, si à l’inverse, mon cœur s’assombrit.

Mes émotions sont en montagnes russes, fluctuent à la vitesse de l’éclair. Le rouge est très vif, le noir est très sombre. Le soleil est très resplendissant, mais les tempêtes sont très fortes aussi. Il n’y a jamais d’entre-deux ou de nuances.

Je suis une adulte, mais j’ai toujours ce besoin grandissant de protection, cet immense besoin qu’on me serre dans les bras et qu’on me dise que tout va bien aller.

Je suis libre, mais j’ai toujours besoin de mon doux cocon.

Je me sens comme une enfant.

Qui ne grandira jamais.

Je m’en mets trop sur les épaules et, lorsque j’en prends connaissance, je peine à faire tomber ce poids inutile qui pèse bien trop lourd. Je me sens constamment observée par autrui, jugée, discriminée.

Je sens toujours qu’un complot se dessine dans mon dos.

Lorsque le gout de vivre me prend, je profite de la vie comme personne ne le fera jamais. Je cours dans les champs déserts, je chante à tue-tête, je souris à m’en fendre les lèvres. Mon cœur palpite, je me sens heureuse. Mais lorsque l’envie de mourir se présente à l’horizon, je creuse ma tombe, très profond dans le sol.

Je suis moi, mais je ne sais plus qui je suis.

- La maladie mentale m’a joué des tours.


-Andréa.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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