• Lily

Ces barrières fracassées

Mis à jour : juil. 22

Je me souviens très clairement de la conversation que j’ai eu avec ma femme quand je lui ai fait mon coming out. Que j’étais une femme transgenre. Tout d’abord, la panique qui s’était emparée de moi à savoir si elle resterait à mes côtés ... très clairement, mes craintes étaient non-fondées. Mais une chose que j’ai dit qui s’est avérée complètement fausse, c’est « t’en fait pas mon amour, je reste moi quand même, à mon centre. Je ne changerai pas là, je reste la même personne que j’ai toujours été ». Je n’avais aucune idée à quel point j’avais tort.


Les hormones jouent un rôle important dans notre corps, tant au niveau physique que psychologique. Mais ce n’est pas la seule chose qui est venu me changer. Voyez-vous, une fois que j’ai fait cette prise de conscience, certaines barrières que je me mettais en place, inconsciemment, sont tombées les unes après les autres. Tout d’abord, j’ai commencé à me permettre de vouloir des choses « cutes ». Vous me direz que c’est stéréotypé de dire que X ou Y n’est pas pour un genre ou l’autre, mais il se trouve qu’inconsciemment, je me conformais à ces stéréotypes. Par exemple, je me suis permise une peluche d’éléphant bleue qui est maintenant devenue mon compagnon de sommeil toutes les nuits, ou presque. Jamais je ne me serais permise ça avant, me disant que ce n’étais pas « normal ». Maintenant, j’en ai plus rien à faire.


Mais ça a pris du temps à définir la femme que je suis. Car toutes les femmes sont uniques, bien entendu, alors je devais définir qui j'étais. Ce n’est pas encore complet, mais j’ai fait beaucoup de chemin. J’ai un besoin d’affection sans fin. Avant, vouloir des câlins ne faisait pas parti de mes pensées. Maintenant, c’est une nécessité pour mon bien être. Mais j’ai aussi un grand besoin d’attention, qu’on s’intéresse à moi. J’aime que les gens me questionnent sur toutes sortes de sujet. Ça nourri ce besoin qui était inexistant avant. J’ai toujours été une personne introvertie, qui aimait ma solitude et qui pouvait facilement se contenter de son ordinateur. Mais maintenant, la solitude se fait fortement ressentir.

Mes barrières fracassées

Je réalise qu’au fond, je ne suis plus la même personne, mais je me sens une meilleure personne que j’étais. Parce que maintenant, je ne me questionne plus à savoir si je sens que quelque chose fait parti de ma personnalité ou bien que j’aie envie de quelque chose. Je suis juste moi et il n’y a rien à questionner au fond. Je laisse tomber les stéréotypes, même en ce qui concerne ce qui est attendu des femmes en général. On ne se le cachera pas, il y a une forte pression sociale sur les femmes quand aux attentes de ce qu’une femme « devrait » être. C’est du gros n’importe quoi, quant à moi. Je trouve une femme belle? Ou un homme? Je le dis c’est tout. Bon pas directement à la personne en question (hey je suis quand même introvertie et gênée là!), mais je ne me demande pas si c’est normal ou non.


Ça m’a menée à la réflexion suivante : à quel point nous mettons-nous de la pression pour être adéquat aux yeux de la société? Pourquoi s’empêcher d’aimer X ou Y, ou encore de vouloir Z? Si je n’avais pas entamé ma transition, est-ce que je me serais tout de même permise de vivre comme bon je le désire ou bien est-ce que j’aurais continué de vouloir « fitter » dans le moule social? Qu’en est-il du reste de la population? Nous sommes constamment à nous comparer les uns aux autres, à juger ce que l’on voit.


Un jour, peut-être, vivrons-nous dans une société sans tout ça. Entre temps, du progrès se fait quotidiennement. Il ne faut pas arrêter. Qui sait, peut-être un jour ce sera vous ou un proche qui vivra avec des questionnements identitaires.


Lily.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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