• IsabelleL

Ce que la travail m'a appris sur ma santé mentale

J’adorais ce travail. Je me sentais valorisée, à ma place, fière et sûre de moi! J’étais contente quand les gens que je rencontrais me demandaient : « Et puis, que fais-tu maintenant dans la vie? » Je pouvais leur parler avec passion de ce que je faisais, à quel point j’excellais dans mon domaine et à quel point mes employeurs me félicitaient!


C’était un coup de hasard, comme la vie fait si bien les choses. Une journée, j’étais encore à me demander où était ma place dans le monde et, le jour d’après, je me retrouvais dans l’action d’une équipe de travail dans laquelle je n’aurais jamais imaginé faire partie.


Quand on y pense, on consacre beaucoup de temps à notre travail, c’est beaucoup d’investissement personnel chaque jour que nous fournissons.

Et comme la vie ne fait rien par hasard… Cette même année, l’année où j’avais enfin l’impression que j’étais faite pour quelque chose, la tête ne suivait pas. C’était un milieu sous pression, un endroit de performance et où l’erreur n’était pas conseillée. J’étais drainée quand j’arrivais le soir à la maison. Je dormais énormément et je ne pouvais cesser de me comparer à mes collègues qui elles, semblaient tellement bien réussir!


Je me donnais corps et âme à mon travail et plus rien ne balançait à l’intérieur de moi. Je m’éteignais à petit feu. Je me devais de réussir à satisfaire ce qu’on attendait de moi au travail, à l’école, dans mes relations, mais surtout à travers le deuil d’une personne chère qui ne tardait pas à nous quitter. La fierté et l’audace n’étaient plus qu'un bref souvenir dans ma mémoire. La nuit ne me portait plus conseil, elle me faisait simplement manquer d’air à travers l’enchainement des cauchemars et des angoisses du lendemain matin.



Assise dans mon auto, stationnée devant la porte d’entrée du travail qui autrefois me procurait tellement de satisfaction, le mal s’emparait de mon ventre et de ma tête. Je devais dire ce qui m’arrivait. On m’a gentiment ouvert la porte, on m’a écoutée, on m’a démontré de la compréhension et on m’a dit qu’on m’aiderait. Malheureusement, le lundi suivant, c’est comme si rien de tout ça ne s’était dit. Je devais toujours exceller, encore et encore. Je ne devais pas démontrer à quel point les antidépresseurs me rendaient fatiguée, ni à quel point j’avais peu dormi la nuit passée, ni les milliers de larmes qui avaient envie de couler malgré moi…


Je n’étais plus à ma place, mais je me sentais tellement coupable et j’avais si honte de ne pas y être arrivée! Je m’en voulais à moi-même, au monde qui m’entourait, mais surtout, j’en voulais énormément à cette foutue santé mentale fragile… Mais qu’allait donc pouvoir faire de ma misérable vie si ma santé n’est pas de mon côté?


J’ai pris un pas de recul. Deux mois pour être exacte, à essayer de me comprendre et de me pardonner. J’en suis venue à une conclusion. Lorsque notre tête nous parle, on doit l’écouter. Lorsque notre corps nous envoie des signaux, on doit faire quelque chose.

Je ne suis pas retournée au front de ce travail qui autrefois me procurait tant de bien, car aujourd’hui, ce n’est plus ce que j’en retirais. Et vous savez quoi? C’est bien correct comme ça! J’ai trouvé ma voix autre part, là où ma santé et mon bien-être sont mis de l’avant.

Rappelez-vous de cette citation de Gabriel Tellier : « Tu es entrain de te tuer pour un travail qui te remplacera en quelques jours si tu viens à mourir. Alors prends soin de toi. »


-Isabelle L

171 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout