• Arielle

Ce maudit vide

Je me rappelle clairement les fois où, enfant, je revenais à la maison après une soirée au parc. Les voix de l'émission de télé «Entre chien et loup», une odeur de sauce à spaghetti, et le coeur si gros que je me demandais déjà ce qui clochait chez moi.


D'où vient ce vide que je ressens depuis que je suis toute petite? Celui qui me surprend lorsque j'entends une chanson de Noël, une autre de mon enfance, ou un classique qui a été diffusé pour la première fois un jour où je n'étais même pas née? Celui qui me perce le ventre, qui me noue la gorge, qui m'a souvent propulsée vers des débordements alimentaires, le maintien de certaines relations toxiques, quelques abus d'alcool, des ruminations sans fin, des expériences douteuses, puis des critiques intérieures blessantes... Tout ça pour m'étourdir, pour ne plus ressentir, pour remplir ce trou un peu trop creux à mon goût.


Ça me prend n'importe quand, n'importe où. Parfois, je pense à mon enfance et je me demande ce qui a bien pu se passer. Pourtant, mes parents ont toujours été présents pour moi et je n'ai manqué de rien. Une famille surprotectrice, mais surtout aimante, au grand coeur. Ai-je vécu un traumatisme que j'aurais enfoui profondément pour survivre? Est-ce le fruit d'une combinaison génétique peu souhaitable? Ou encore les épreuves de la vie qui se sont succédées? Un problème hormonal? Un manque de vitamines? Un ancienne vie qui aurait mal tourné? Et oui,

mon imagination n'a pas de fin! J'aimerais vraiment savoir, mais avec le temps, j'ai lâché prise. Ça ne me sert pas toujours de chercher à tout savoir.


Je le sens encore aujourd'hui, ce vide qui fait mal. J'essaie de le «remplir» autrement. Je n'y arrive pas toujours. La pandémie m'a d'ailleurs fait découvrir le magasinage en ligne, et hop, une petite dette de plus, mais je me pardonne! Je sais que je ne suis pas le seul être humain à vivre avec cette chose innommable, et ce constat me fait du bien. J'essaie de me nourrir de ce qui compte vraiment pour moi et d'agir en fonction de mes valeurs. D'aimer pour vrai, de découvrir, de créer, de m'exprimer. J'aimerais te dire que c'est facile, mais la réalité, c'est que je dois souvent me forcer. Par contre, je sais maintenant que ça vaut la peine, qu'avec l'action se crée un sentiment de richesse intérieure difficile à décrire. Qu'aucune émotion n'est anormale, même si elle est désagréable à vivre et que je voudrais ne plus jamais la ressentir. Et je sais aussi que les émotions peuvent m'apporter des réflexions sur la façon dont je pourrais combler certains de mes besoins, et me donner la force de faire des changements dans ma vie si nécessaire! Et à ma critique intérieure qui me met de la pression pour que je gère toujours bien mes émotions, je lui dis: « Hey! Je fais mon possible! »


Arielle

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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