• Andréa

Borderline, et puis après?

Mis à jour : août 30

Je suis borderline.


Je suis pas mal certaine que tu as eu un air de recul en lisant la première phrase. Et je te rassure : tu es tout à fait normal. En effet, ce terme effraie beaucoup de personnes encore aujourd’hui. Pourtant, même si mon quotidien est différent des autres, que j’ai une moins bonne stabilité émotionnelle ou que je vis dans des montagnes russes, je ne suis pas pour le moins une folle. Malgré le cheminement qui a été fait sur la stigmatisation entourant la santé mentale, nous restons les mal aimés du système, nous restons les « patients manipulateurs ».


Certes, nous sommes des êtres humains. Le trouble de la personnalité s’est initié en moi à travers mon développement, mes nombreux traumatismes. Je ne sais pas exactement quand et comment, mais je sais que je ne pourrais jamais m’en départir complètement. Qu’il fait partie de moi. Que je le veuille ou non.


- Mais tu peux apprendre à vivre avec, m’a dit ma psy.


Le trouble de la personnalité limite, c’est un cadeau empoisonné. C’est le don d’une hypersensibilité qui te permet de voir le monde autrement, mais qui peut te ravager de l’intérieur aussi. Être borderline, c’est exploser de colère parce que ton amie a annulé votre soirée et tenter de te faire pardonner par après, culpabiliser de ton impulsivité. C’est aimer ton amoureux un instant et vouloir le tuer l’instant d’après. C’est tenter de te faire une carapace pour te couper instantanément de toutes tes émotions. C’est couper des liens relationnels aussi simplement que tu coupes du papier. C’est pleurer au beau milieu de la nuit, la tête remplie d’idées noires. C’est se sentir seul et avoir peur d’être seul. C’est ne plus avoir foi en toi, croire que tu es une mauvaise personne.


Peux-tu t’imaginer une seule seconde ce que c’est de vivre avec tout cela ?


Une tempête n’attend pas l’autre, lorsqu’on est atteint d’un trouble de la personnalité limite. Certaines sont plus violentes et destructrices que les autres ; les plus dangereuses peuvent s’avérer fatales. Et bien trop souvent, on l’apprend à nos dépends.


Il faut être en mesure d’ajuster notre thermomètre intérieur afin de s’arrêter au bon moment. De sortir respirer un peu d’air frais. Avant d’exploser. Car la vie ne s’arrêtera pas là. Elle ne peut s’arrêter là.


Au fil du temps, on apprend qu’il y a bien plus sain que d’effectuer des dépenses excessives, d’abuser de sexe, d’alcool ou même de drogue.


Parce qu’on souffre à l’intérieur.


À chaque nouvelle tempête, je crains que ce soit la dernière Qu'elle me vainc

Mais une tempête à la fois, j’y arriverai assurément


Si vous ou un de vos proches avez besoin d’aide, vous pouvez appeler Tel-aide au 514-935-1101.


Vous êtes Borderline? Et puis après ?


Andréa.

2,424 vues

© 2019 par Une Tempête à la fois.

Tout droit réservé

  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon