• Victor

Borderline: l'art d'être comédien de sa vie



Oui, vous avez bien lu le titre: comédien. Je vous rassure, non pas dans le sens de jouer la comédie en lien avec sa situation mentale. Pas dans le sens non plus d’amplifier la chose ou bien de jouer à et faire semblant de. Le mot comédien réfère ici à l’art de masquer ses états d’âmes, camoufler sa peine ou bien maquiller sa vie.


En ce sens, je pense que les personnes TPL ont, bien malgré elles, cette habileté à se «revirer sur un 10 cennes». Par exemple, après un accrochage avec son partenaire, ils peuvent rentrer dans une nouvelle pièce avec d’autres gens puis faire comme si tout allait bien, qu’il n’y a aucun problème. Idem au travail lorsqu’une situation frustrante survient, alors que le cadre est plus rigoureux. Ce n’est pas écrit dans leur visage que l’instant d’avant ils étaient en conflit ou offusqués pour X raisons. Ils sont des caméléons de leurs émotions.


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C’est peut être dû au fait que nous sommes fiers et avons un égo assez fort. Encore, que nous sommes capables de prendre sur nous. De laisser aller plus facilement. Du moins, ce l’est pour ma part.


Nous pouvons, je crois, avoir cette posture de super-héros, métaphoriquement parlant bien sûr. Quand on sait que le devoir nous attend, nous sommes prêts. Mettre de côté les mauvaises vibrations afin de faire ce que l’on attend de nous. Grosso modo, nous sommes capables de porter le poids du monde sur nos épaules, lorsque la situation le nécessite.


Des artistes dans l’âme

En lien avec cet univers artistique, ce n’est sûrement pas dû au hasard si les personnes partageant leur vie avec le Trouble de la personnalité limite ont plus aisément la fibre artiste en eux. Que ce soit de calibre/niveau professionnel ou amateur.


Qu’est-ce qui pourrait bien justifier cela, me demanderez-vous? Eh bien, j’ai l’humilité de croire que simplement le fait d’être proche de nos émotions et ressentis nous rend encore plus intègres et authentiques. Nous incarnons avec plus de facilité le plus précieux de soi que nous voulons offrir au monde. Nous avons certes moins peur de nous dévoiler. Moins peur de l’opinion et du jugement des autres. Il y a moins de filtre.


Pour l’histoire, l’humble auteur de ces lignes chante excessivement mal, or, il est une bête de karaoké qui fait vibrer les foules. Pourquoi donc? Parce qu’il offre à son public une prestation endiablée, habite la scène et donne tout de lui-même. Le tout, en assumant sa voix horrible avec grâce. Là est le secret.


Ce peut-être le cas pour les peintres, les sculpteurs ou même les artistes en poterie amateur. Idem pour les écrivains, chanteurs, comédiens de théâtre ou acteurs. J’ose avancer que nous saisissons avec plus de facilité l’émotion et l’atmosphère du moment. On comprend mieux, à mon sens, ce que l’on veut plus précisément transmettre et extérioriser. Tout cela amène le spectateur et témoin de l'œuvre à mieux percevoir et accueillir l’intention dans la réalisation.


Comme je le dis toujours, il n’y a pas que du négatif dans le fait d’être borderline. Après tout, on ne s’ennuie jamais avec nous!


Victor.




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.