• Kayssie

Avale ta pilule et tais-toi!

« Sois belle et tais-toi », qu'est-ce que ça sous-entend? Pour moi, la définition du titre et de cette citation est la même. Rentre dans le rang, suis les règles, ne cris pas plus fort que personne, et tout ira bien. Qu'en pensez-vous?


Mon intérêt marqué pour la psychologie et la spiritualité est indéniable. Ceux qui me connaissent affirment sans l'ombre d'un doute que je suis une personne qui se posent des questions. Parfois, j'ai l'impression que ce ne sont pas celles que je ''devrais'' me poser, pour correspondre à la norme, mais je le fais quand même. Au fond, mes réflexions conditionnent mon évolution.


J'ai la chance d'avoir un conjoint qui accepte ma bipolarité, voir même qui n'y croit pas entièrement. Pas que mes symptômes soient absents, mais il questionne lui aussi la pertinence des diagnostics.


Nous portions récemment nos réflexions sur les perceptions, qui sont parfois déformées, soit par notre passé douloureux, soit par une pathologie, mais aussi par des substances, comme les psychadéliques. Le but n'est pas de vous donner des enseignements ou de promouvoir la consommation, mais je me disais:


« Pourquoi une personne en phase maniaque qui peut se sentir par exemple ''connectée au divin'' est considérée comme malade, alors que des gens qui ressentent la même chose en consommant ne le sont pas? ». Le résultat est le même pourtant.


Et ça nous amenait, mon conjoint et moi, à pousser plus loin et se dire qu'au fond, les gens qui pratiquent une religion ou qui ont certaines croyances par rapport à la mort, à un Dieu ou toute forme de puissance supérieure....devraient-ils eux aussi recevoir une prescription du médecin pour taire leurs "perceptions"? Assurément non! Les gens sont parfaitement libres de leurs pensées. Alors pourquoi certaines personnes sont jugées comme anormales? En fait, le domaine psychiatrique n'existerait même pas si la normalité ne reposait sur aucune balise.


Je sais qu'il y a une panoplie de recherches et qu'une réponse scientifique à cette question existe. Si 50 personnes sur 65 ont un comportement X dans un contexte Y, ce comportement se trouve dans la case "normalité". Ce qui m'offusque est l'opinion des 50 personnes sur les 15 autres. Et au fil des années, cela crée un fossé entre eux, on finit par nommer ça de la discrimination.


Est-ce que j'aurais le même souci de devenir une meilleure personne si je faisais partie des gens qui correspondent aux critères définissants la normalité? Peut-être pas autant. Mais je crois que tant qu'on ne nous retire pas quelque chose (si je peux m'exprimer ainsi), on ne peut figurer l'importance de ce que nous avons. Ceux qui ont "perdu" la raison, sont reconnaissants lorsqu'ils la retrouvent. Mais quand on a rien perdu, on prend notre état pour acquis, souvent inconsciemment.


J'en conviens, la médication est nécessaire dans certains cas, pour la sécurité de l'individu ou de ceux qui l'entourent. Mais je serais prête à parier que le domaine pharmaceutique est à son apogée présentement. Je ne veux pas dénigrer qui que ce soit, mais tout porte à croire que c'est un business qui est loin de la faillite. J'ignore si un jour il y aura une autre façon de traiter la population, si les médecines alternatives vont finir par faire leurs preuves, mais la médication n'est pas l'unique solution.


Pour des gens avec des maladies chroniques, c'est un cycle sans fin. Une dose pour atténuer les effets secondaires de l'autre, et ainsi de suite. Ne trouvez-vous pas que plus il y a de médicaments, plus les gens sont malades? La surmédicamentation, c'est une forme de dépendance vous savez, comme l'alcoolisme! C'est assez troublant lorsqu'on pense à tout cela, mais il faut parfois aller au fond des choses.


J'espère ne pas vous avoir perdu en chemin. Plusieurs aspects ont été explorés, mais sachez une chose, moins vous accorderez d'importance à la normalité et à ce que les autres feraient dans telle ou telle circonstance, plus vous vous sentirez libres. Oui, il y a un inconfort à se sentir différent. Mais la souffrance est encore plus grande lorsque l'on porte un masque pour éviter d'être soi-même dans toute son unicité. Être différent n'est pas une maladie, donc au fond, est-ce que la maladie mentale existe vraiment?


Bien à vous,


Kayssie.

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