• Audrey

Au secours, j'ai mal

Mis à jour : sept. 5

Sans vouloir jouer à la victime, bien évidement, on dirait que depuis quatre ans, il y a une force ou je ne sais quoi qui s’acharne sur ma famille. Nous y sommes tous passés. À tour de rôle, nous avons eu notre brique qui nous est tombée sur la tête. J’ai fini par me considérer comme une proche aidante. Je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour aider tout le monde. Mais un jour, bien évidement, ce fût inévitable, tout ça me rattrapa. Et mon tour arriva; ma brique me tomba sur la tête, ma gifle en plein visage.


Mon diagnostique tomba. C’était à mon tour d’avoir besoin d’aide. Je devais arrêter de jouer à l’autruche et je devais demander de l’aide, moi aussi. Mais quel défi quand tu es habituée de donner et qu'à présent, tu dois recevoir. J’ai toujours préféré donner. Je suis de nature généreuse. Mais là, oser demander, pour moi, franchement, c’était pénible. Malgré tout, j’ai finalement reçu l’aide que je méritais qui, bien-sûr, à la base venait de psychologue. C'était clairement plus facile aller la chercher auprès d'un étranger. Ils ne sont pas au courant, eux, à quel point je suis capable d’être forte versus à quel point je me sens faible et vulnérable en ce moment. Mes proches, parents et amis le savent eux. Mais chacun à leur façon ont su m’aider. Parfois avec des mots, d’autre fois avec un simple geste. Parfois sans même parler, seulement par leur façon d’être. Premier exemple; mon père. La force, la détermination et le courage dont il a fait preuve pour faire face à son épreuve à lui m'ont prouvé que je pouvais y arriver aussi. Ma mère, qui est toujours là pour tout le monde, sa force à elle pour m’aider, c’était ces mots. Parfois pas toujours le mot juste, mais au moins, elle avait le ou les mots pour faire réfléchir. Et bien entendu, elle avait le réconfort: les fameux câlin d’une maman. Au moment de m’aider elle ne savait pas encore que sa brique allait arriver pas longtemps après. Par chance, je filais beaucoup mieux. J’ai pu lui remettre, à ma façon, son aide.


Ma petite sœur, ma complice, avait souvent l’idée parfaite pour me changer les idées et me sortir de mon trou. Car faut se le dire, c’est très important de sortir de chez soi, même si c’est la dernière chose dont on a envie. Ma petite sœur était là pour ça. Ma chère amie, elle, la plus belle façon qu’elle pouvait m’aider, c’était de continuer de me démontrer la confiance qu’elle me portait pour ses trois amours. C’est banal comme geste, mais lorsque le diagnostic est tombé, lors d’un moment de lucidité face au déni, une de mes pensées a été: "mais si elle ne me faisait plus confiance?". Pourtant, elle a continué d’avoir confiance en moi. La dernière, mais non la moindre, malgré son très jeune âge à ce moment-là, ma filleule, sans le savoir elle-même, avec l’insouciance et la naïveté d’un enfant de 1 an à peine, allait m’aider. Pour elle, j’étais seulement sa marraine. Elle ne m’avait pas connue avant, durant ma période creuse. Elle était là avec ses sourires oui, mais elle n’avait pas conscience que j’avais changé. Elle m'a toujours connue comme ça et pourtant, en sa présence, je me suis toujours sentie légère malgré tout. Sans le savoir encore, elle est la plus chanceuse de tous. Elle n'a aucune idée qu'elle m'a aidé et en plus, elle a une version améliorée de ca marraine.


Car oui, je me considère comme une personne améliorée. Je vie mieux avec tout cela. Je gère mieux le tout, car j’ai enfin accepté. Accepté ma condition, le fait que. oui, je pouvais aider mais aussi être aidée sans culpabilité. À leur façon, ils ont été ce qu’il y a de plus important dans mon processus. Ils ont été des reperds, des aidants. Je ne leur dirai jamais assez merci, car sans eux, je ne serais pas rendu où je le suis aujourd’hui. Je n’aurais pas pris conscience de plusieurs choses, dont le fait que oui, c’est bien d'être le proche aidant, mais qu'être l’aidé par moment, ça n’a jamais fait de mal à personne. Au contraire, crier "au secours j’ai mal", avec le recul, ce fût le début de quelque chose de bien. Oui, je vais vivre avec mes trouble toute ma vie. Je dois l’accepter. Parfois, je vais mieux gérer que d’autre, mais à présent, je sais surtout que je suis entourée de gens qui m'aiment, qui sont là pour moi, mon bien-être et pour m’aider. Je n’hésiterai donc plus.


Osez demander.


Audrey.


264 vues

© 2019 par Une Tempête à la fois.

Tout droit réservé

  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon