• Laurie

As-tu peur de transmettre ton TPL à ton enfant?

Voici une des questions que je me fais demander régulièrement, encore plus depuis le début de ma grossesse. Honnêtement, j'ai toujours trouvé cette question ridicule. Je n'allais certainement pas m'empêcher de vivre un de mes plus grands rêves, soit avoir des enfants, parce que j'ai moi-même un petit défaut de fabrication! Mais me voilà officiellement enceinte de mon premier enfant, et finalement, je dois admettre que je me la pose toute seule, la fameuse question.


Oui. Oui, j'ai peur.

J'ai peur que mon fils subisse les foudres d'un diagnostic de trouble de la personnalité limite. J'ai peur qu'il souffre autant que j'ai souffert. J'ai peur qu'il n'arrive pas à trouver une source d'aide, comme moi j'en ai eu la chance, parce qu'il n'aurait pas les mêmes réflexes. J'ai peur qu'il en subisse de lourdes conséquences, parce qu'il aurait commis des gestes regrettables sur le coup de la colère. J'ai peur qu'il se fasse rejeter par les autres parce qu'on ne prendrait pas le temps d'apprendre à le connaître au-delà de la maladie. J'ai peur qu'il se sente inférieur, nul, comme un moins que rien, parce qu'on le ferait sentir ainsi injustement. Je ne le cacherai pas, connaissant les statistiques, je l'avoue, j'ai peur qu'il commette l'irréparable et que je n'aie rien vu venir.


Non. Non je n'ai pas peur.

J'ai comme croyance, plutôt pessimiste peut-être, que nous souffrirons tous de quelque chose un jour ou l'autre de notre vie. Et finalement, à bien y penser, entre tous les diagnostics de maladies mentales, celui pour lequel je me sens le plus outillée afin de venir en aide à quelqu'un, c'est bien le TPL. Je n'ai pas peur car, en toute humilité, je me vois comme un modèle d'espoir et réussite face à ce trouble parfois accaparent et j'ose espérer que mon fils s'en inspirera et saura qu'il est possible de bien vivre avec un tel diagnostic, même qu'il existe des avantages. Je n'ai pas peur puisque je sais pertinemment que, mon fils pourra être et faire ce qu'il veut, je l'aimerai toujours d'un amour inconditionnel. Même s'il commet un meurtre. Bon.. je serais peut-être moins fière et je me culpabiliserais sans bon sens, mais je l'aimerais quand même!



Au bout du compte, j'en reviens à me dire que toutes mes craintes ne valent rien comparé à mon désir d'avoir un enfant. Dis de même, ça sonne égoïste, je sais. Mais ce que j'essaie de dire, c'est que j'ai plus de confiance en moi que j'ai de peurs. Je ne suis certainement pas la première femme TPL à avoir des enfants. Et aux dernières nouvelles, je n'étais pas seule dans cette histoire. Mon fils, il a aussi un père, des grands-parents, des tantes et des oncles, des cousins et des cousines. Nous serons assez nombreux à prendre soin de lui, à lui inculquer une petite parcelle de nos valeurs et de nos qualités.


Je ne serai sûrement pas toujours la meilleure des mamans (TPL ou pas), mais il ne manquera jamais d'amour!



Laurie





*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.


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