• IsabelleL

Après la raison, la leçon

J’ai un peu comme un sixième sens. Je cogite avec mon intuition, mes « feelings », l’énergie qui m’entoure. Je devrais m’en réjouir, mais parfois ça me fait seulement plus de mal, et j’aimerais être indifférente de tout ce qui se passe autour de moi.


J’ai voulu me sauver de ma vie, me sauver de mon anxiété… me sauver de tout ce qui me donnait l’impression d’être prise dans une cage à étouffer, à travers les traumatismes accumulés. Je n’ai pas réfléchi aux conséquences, je me suis juste évadée sans regarder derrière. Mais je me suis retrouvée au bout d’un cul-de-sac, rattrapée par les démons.


C’est comme si j’avais une date de péremption, et qu’au douzième coup de minuit, ma vie me rattraperait, le diable m’emporterait.


Ça me donne le vertige, de rouler à mille à l’heure, et de ne pas pouvoir m'arrêter pour prendre une pause.


En essayant de fuir, je suis sortie du cadre que la société impose, en me croyant plus maligne que le destin… Personne ne bat le maître du jeu.


Je suis devenue quelqu’un que je n’aime pas, je me suis trahie, au dépend de ce en quoi j’ai toujours le plus cru : l’amour.


Je croyais que l’amour ne suffisait plus à me guérir, je croyais que respirer m’aiderait. Je n’avais pas encore compris que je respirais mieux grâce à l'amour. Tout est plus simple quand on ressent l'amour de nos proches.


Je croyais avoir droit à l’erreur, avoir droit de me tromper. Mais j’ai appris que certaines choses prennent plus de temps à pardonner.


À quel moment je me suis perdu?

À quel moment j’ai cessé de croire en moi et en ce qui m’entoure?

À quel moment j’ai perdu le sens de la vie ?


On me dit de me laisser du temps. Le temps arrange les choses.

J’espère que c’est vrai. Parce que le soir, seule entre mes quatre murs, l’espoir est tout ce qu’il me reste.

L’espoir que la rédemption existe vraiment. L’espoir que nos actions ne définissent pas toujours la personne que nous sommes. L’espoir qu’un jour les mémoires s’effacent.


Bon dieu que j’ai tenté d’être une bonne personne dans la tempête, devant tout ce que la vie m’a lancé en pleine gueule, encore et encore. Les leçons de vie, l’expérience… Y’a pas de mode d’emploi avec tout ça. Seulement des coups durs, des larmes, et on recommence.


Sur-médicamentée, je me sens privé de ma personnalité, qui suis-je en réalité? Entre la voix dans ma tête qui tente tant bien que mal de me rassurer, les émotions qui me disent que le tsunami n’est pas bien loin, les médicaments qui me font planer comme un papillon né de l’innocence, et les gens qui me regardent avec pitié… où est ma place à moi dans tout ça? C’est fou ce que les regards des autres arrivent à me faire douter.



Mais finalement, je sais que l’important, c’est que moi je sache que jamais mes intentions n’étaient destinées à blesser. J’essayais seulement de sortir ma tête de l’eau.


-Isabelle L



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