• Andréa Maheux

Être trop ?



J’ai tendance à overshare, à m’en mettre trop sur les épaules. J’ai tendance à voir les choses plus grosses qu’elles le sont réellement. Je vois les couleurs plus vives, je vis mes émotions à 999%.


Plusieurs débuts de relations se sont terminés par un simple « Tu es trop lourde ». Puis, les palpitations cardiaques reviennent de même que le mal de coeur et les pleurs.


Quand ça arrive, je ne sais pas comment gérer les émotions et je reviens à mes mécanismes malsains : vapoter, pleurer, binge watch Netflix ou binge eat.


Puis, ça devient une habitude et on finit par s’y faire.


Ne sachant pas comment dealer avec les « cas psychiatriques complexes », j’ai l’impression qu’on m’a shut down, qu’on m’anesthésie avec des médicaments sans vraiment me guérir. Lorsque j’ai tenté d’expliquer mes théories à mes professionnels, ainsi que les choses étranges qui se passent dans ma tête, on m’a tout de suite dit que j’imaginais des choses, que ce n’était pas comme je le disais. Mais comment peuvent-ils savoir ? Oui, ils ont un avis clinique, mais non, ils n'ont pas le portrait global. Parce qu'ils ne sont ni dans ma tête, ni avec moi 24h/24h. Et je crois que tout avancerait plus rapidement si on prenait vraiment le temps d'écouter et de se soucier de l'opinion de l'autre. Ce n'est pas parce qu'un traitement fonctionne pour une majorité qu'il est adapté à tous.

Si tu cherches un sens dans ce que tu vis, je crois qu’il y en a un, mais qu’on ne l’a pas encore trouvé parce que cela signifierait de trouver un sens parfait à chaque être humain. Ce serait une attitude plutôt visionnaire.


Je suis loin d’être conventionnelle. Toutefois, je ne crois pas être marginale. Je me situe quelque part entre les deux.


Quand je me retrouve face aux pensées dans ma tête, aux sensations dans mon corps, j’ai parfois l’impression de ne pas être assez équipée pour leur faire face.


Les connaissances ?

Les moyens ?


Je n’en sais rien. Je sais seulement que, parfois, je me sens comme un défaut de manufacture. Le seul sur une longue série.

Je suis intense, je le sais.

J’explose en feux d’artifice, j’aime plus profondément que le bas-fond des océans.

Je me sens différente, incomprise, parfois un peu seule dans mon monde.

Mais peut-être qu’il y a une vingtaine d’autres personnes comme moi sur la Terre, mais que je ne les ai toujours pas rencontrées à la croisée des chemins.

Seulement une vingtaine. Mais c’est déjà beaucoup. C’est déjà assez.

- Andréa




*À noter que nous tentons doucement d'intégrer l'écriture inclusive dans tous nos textes. Pour en apprendre davantage sur le sujet, nous vous invitons à consulter l'Office québécois de la langue française.


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