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Être TPL, c’est comment?

Comme plusieurs d’entre-vous, je souffre du Trouble de la personnalité limite. J’ai donc une idée très précise de ce que c’est. Pour moi, c’est d’aimer inconditionnellement sans être capable d’aimer ma propre personne en retour. C’est de vouloir combler le vide au fond de soi par tous les moyens possibles. Avoir les nerfs à vifs et pouvoir exploser à n’importe quel moment: Une vraie bombe à retardement. C’est aussi la peur constante d’être abandonnée, le besoin d’amour immense et l’anxiété que tout cela peut engendrer. Ce sont toutes les émotions qui se produisent en un court instant: La joie, la tristesse, la rage, la déception, l’excitation et puis le vide absolu. Celui-ci est à mon avis bien pire que tout ce que l’on peut ressentir, car le truc avec le vide c’est que, justement, nous ne ressentons plus rien. Puis un bon matin, tu te lèves et la panique s’empare de toi. Tu repenses à tout ce que tu as dis, fais et la culpabilité prend le dessus sur ton bon sens. Je sais que dans ces moments-là, je suis inconsolable. Je pleure, je me frustre et je désespère. C’est comme si j’étais une enfant incapable de se contrôler.

Je dirais que la pire période de ma vie fût l’adolescence. Comment apprendre à bien gérer ses émotions si on ne sait même pas d’où elles viennent? J’ai été diagnostiqué à l’âge de 21 ans environ. J’ai eu cette chance oui. Je ne savais pas ce qui m’arrivait, j’étais toujours à fleur de peau, toujours insatisfaite de tout et je ressentais un mal de vivre si profond que je me devais d’investir dans mon bien-être. J’ai été consulter d’urgence, car je m’infligeais des choses qui étaient dangereuses pour ma santé. J’ai passé environs 3 tests fournis par ma psychiatre et j’ai attendu. Un jour, c’était l’heure des mes résultats: Trouble de la personnalité limite, dépression majeure et anxiété généralisée. Ce n’était pas tout, il restait d’autres choses à approfondir mais pour l’instant c’était assez. J’étais sensée être soulagée de savoir enfin pourquoi je me sentais ainsi, mais, ce jour là, je n’ai fait que pleurer. Je me disais qu’il y avait tellement de travail à faire, tellement de traumatismes à faire remonter à la surface... Mais je suis ici aujourd’hui pour vous dire qu’au final, tout va bien. La vie ne s’arrête pas même après un diagnostic.

Je remercie souvent le ciel d’avoir un toit sur ma tête, de pouvoir manger à ma faim et d’avoir des gens sur qui compter. Je ne suis pas si complexe comme certains stéréotypes peuvent le faire croire. Je suis simplement une personne en quête d’amour, qui veut être bien et ressentir le bonheur jusqu’au bout des doigts. Rien n’est facile, c’est très difficile de devoir mettre un stop à des émotions parfois si puissantes, que notre monde semble s’écrouler. Si j’ai appris une chose avec ce trouble c’est qu’il faut savoir doser sa peine, joie, tristesse ,etc. Que ce soit avec la méditation, le sport, la marche, la lecture: N’importe quoi. Il ne faut rester dans le cercle vicieux des dépendances. La thérapie peut être aussi réellement votre plus grande alliée. À mes yeux, nous sommes tous et toutes des super-héros avec la capacité de vivre pleinement nos émotions.

Avec amour,

L



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