• Elwing

Être ou ne pas être

Mis à jour : 14 août 2019

Au secondaire, j’adorais mes cours d’art dramatique. J’avais la chance d’incarner n’importe qui, à n’importe quelle époque. Ce n’était pas difficile pour moi. J’avais ça dans le sang. Comme si j’étais née comédienne. La vérité est que c’était beaucoup plus facile pour moi de jouer un rôle que d’être moi-même.


Parce qu’en dehors du théâtre, j’avais peur de qui j’étais.


À quatorze ans, j’ai fait ma première dépression majeure. À quinze ans, j’ai eu mes premières idées suicidaires. À seize ans, mes premières sautes d’humeur extrême, mes crises de colère et mes problèmes d’automutilation. Mes émotions prenaient le dessus et mon anxiété m’empêchait de sortir de cet état de tristesse permanente. Je ne savais pas ce qui m’arrivais. Plus rien ne me rendait heureuse. J’étais si perdue, que j’ai fini par me dire que j’allais être comme ça toute ma vie; en colère, dépressive et anxieuse. J’étais un zombie.


Et je vivais un enfer.


À vingt-trois ans, je n’en pouvais plus. Mon anxiété me clouait à la maison, ma colère me contrôlait et je m’automutilais en écoutant de la musique en espérant que tout s’arrête. Je perdais peu à peu ma famille, mes amis et mon amoureuse. J’ai fini par lâcher le Cégep et j’ai fait un burnout. J’étais envahie de tristesse et d’idées suicidaires. Je ne voulais plus rien faire. Je ne voulais plus exister. J’avais peur…j’étais effrayée.


I'm tired of living and I'm scared of dying.


C’était la seule phrase qui jouait en boucle dans mon esprit torturé. J’ai finalement rencontré un psychiatre. Le diagnostic est tombé : trouble de personnalité limite.


J’avais touché le fond et j’avais maintenant un choix à faire. Accepter l’aide qu’on me tendait. Ou rester enfermée avec mes démons. Un choix qui peut sembler facile pour certains, mais ô combien difficile lorsqu’on n’a plus aucun espoir d’être heureuse. Ç’a pris du temps, mais j’ai accepté de recevoir de l’aide.


Deux ans. Deux ans de thérapie avant que je me sente mieux. Ç’a été des jours, des semaines, des mois, des années de travail sur moi-même. Il y a eu des jours beaucoup plus faciles que d’autres. Mais parfois, les rechutes me décourageaient au point de vouloir tout laisser tomber. C’était dur; très dur par moment; et c’était normal.


Aujourd’hui, je me sens mieux; beaucoup mieux. Je ne peux pas dire que mon volcan est éteint, mais il est plus facile pour moi d’éviter l’éruption. Il arrive encore que ma colère prenne le dessus, mais je suis capable de prendre du recul et de me calmer; ce que je ne pensais jamais être capable de faire. Maintenant, je suis bien dans ma peau et dans mon âme.


Elwing

347 vues

© 2019 par Une Tempête à la fois.

Tout droit réservé

  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon